‹ Pensées de J. JoubertChapitre 65 sur 94 · DE L'EDUCATION · texte numérisé non relu

DE L'EDUCATION

L'idée de l'ordre en toutes choses, c'est-à-dire de Tordre littéraire, moral, politique et religieux, est la base de toute éducation.

Les enfants n'obéissent aux parents que lorsqu'ils voient les parents obéir à la règle. L'ordre et la règle, une fois établis et reconnus , sont la plus forte des

puissances.

Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques.

On peut appliquer à l'enfance ce que M. de Bonald dit qu'il faut faire pour le peuple : peu pour ses plaisirs; assez pour ses besoins; et tout pour ses vertus.

L'éducation doit être tendre et sévère et non pas froide et molle.

Les enfants doivent avoir pour amis leurs camarades, et non pas leurs pères et leurs maîtres. Ceux.-*'i ne doivent être que leurs guides.

La crainte trempe les âmes, comme le froid trempe le fer. Tout enfant qui n'aura pas éprouvé de grandes craintes n'aura pas de grandes vertus ; les puissances de son âme n'auront pas été remuées. Ce sonl les grandes craintes de la honte qui rendent l'éducation publique préférable à la domestique, parce que la multitude des témoins rend le blâme terrible, et que la censure publique est la seule qui glace d'effroi les belles âmes.

La crainte fixe l'amour, au moins dans les enfants. Il y a , dans le premier de ces sentiments , quelque chose d'austère qui empêche l'autre de s'évaporer.

Page 1