‹ Pensées de J. Joubert, précédées de sa correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travauxChapitre 25 sur 123 · XXVIII LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

XXVIII LA VIE ET LES TRAVAUX

de son mieux. Il étudifiit avec un soin poussé jusqu'au scrupule les causes déférées à son tribunal, les règlements ou les lois remis à sa défense. L'amour du devoir lui tenait lieu de vocation, et il était rare que les calculs delà cupidité, les ruses de la mauvaise foi ou l'obstination des plaideurs missent en défaut la perspicacité du juge ou l'habileté du conciliateur. Le souvenir de sa sollicitude et de ses succès vit encore à Montignac dans la mémoire des vieillards ; mais cette mission de paix, quelque habile qu'il fût à la remplir, n'en était pas moins une mission de contrainte et d'efforts. Aussi, quand, vers l'expiration des deux années que devait durer sa magistrature, ses concitoyens vinrent une seconde fois lui offrir leurs suffrages , il crut avoir acquis le droit de s'y soustraire et décUna formellement l'honneur d'un nouveau mandat.

Pendant ces deux années, d'ailleurs, l'horizon politique s'était couvert de nuages chaque jour plus sombres ; le tonnerre grondait de toutes parts, et les rugissements de la tourmente autour de l'édifice social annonçaient à M. Joubert que les fonctions publiques, même les plus modestes et les plus calmes, ne tarderaient guère à devenir actives jusqu'à la violence. C'était pour lui le signal impérieux de la retraite. 11 Mus qu'un abri d'où l'on pût contempler nd, par une conjoncture imprévue, Ville-

rit l'asile qu'appelaient ses vœux.

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