‹ Pensées de J. Joubert, précédées de sa correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travauxChapitre 28 sur 123 · DE M. J. JOUBERT. XXXI · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. XXXI

aiicime distraction n'était venue depuis effacer les souvenirs !

L'absence, qui dissout tant de liaisons éphémères, n'avait donc servi qu'à affermir celles qu'il y avait formées. Une correspondance active s'était établie entre Villeneuve et lui. Bientôt même des lettres s'étaient succédé d'autant plus rapidement qu'on avait eu besoin de ses consolations. Deux fois déjà, depuis son départ , des pertes douloureuses avaient porté le deuil au sein de la famille dont je viens de parler, quand le frère aîné , qui en était le chef, fut enlevé par une mort soudaine. Il était entré pour une grande part dans les calculs d'avenir de sa sœur, et celle-ci, en le perdant, se voyait privée de l'objet le plus cher de son dévouement et du soutien sur lequel s'appuyait sa vie. Vainement, pour adoucir la douleur dont elle était accablée, M. Joubert appelait à son aide toutes les puissances de la raison, tous les trésors de la philosophie ; il avait affaire à un de ces caractères énergiques qui, s'aUiant aune sensibiUté profonde,' alimentent les peines de l'âme aux sources mêmes de la volonté. Mais durant cette lutte inutile de consolations et de douleurs, de plaintes et de conseils, ils s'étaient, à leur insu, tous les deux engagés dans des voies nouvelles. La tendresse se ghsse aisément sous les larmes, et ils ne tardèrent pas à s'apernevoir que, sans y songer, ils étaient devenus nécessaires .l'un à

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