‹ Pensées de J. Joubert, précédées de sa correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travauxChapitre 27 sur 123 · XXX LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

XXX LA VIE ET LES TRAVAUX

aisément les chastes influences de l'éducation maternelle. Son culte pour les femmes était désintéressé de tout calcul de vanité personnelle ou de secrets triomphes. Il les aimait pour elles-mêmes, et ne les croyait pas moins nécessaires aux plaisirs de l'esprit qu'aux félicités du cœur. Habile, dans les relations du monde, à féconder, même au fond des esprits inactifs ou timides, les germes inertes de la pensée, et à les faire fleurir par une attention bienveillante , il aimait que, près de lui, chacun eût toute sa valeur et la sentît; je ne sais même si son aimable industrie n'ajoutait pas sous ce rapport un peu d'illusion à la réalité. Mais c'était pour les femmes surtout qu'il se montrait prodigue de cette sorte de complaisance inspiratrice. Il se plaisait à interroger leur intelligence, à encourager leurs idées, à ménager même aux plus réservées un rôle dans la conversation, ce concert de la parole où quelque chose manquait, à son gré, quand des sons doux ne s'y mariaient point aux sons graves, des voix naïves aux voix savantes. Aussi, plus confiantes près de lui , les femmes se sentaientelles plus fortes et devenaient -elles plus aimables. Parmi celles qui l'ont connu et qui lui survivent, il n'en est point qui ne se rappellent avec reconnaissance, j'ai presque dit avec attendrissement, les délices de son intimité. Qu'on juge des regrets qu'il avait dû lais.-;er en Bourgogne après un séjour do/it

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