‹ Pensées de J. Joubert, précédées de sa correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travauxChapitre 5 sur 123 · DE M. J. JOUBERT. V · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. V

en effet , de celle de sept autres enfants , et son éducation dut se ressentir de la gêne qu'apportait, dans une fortune étroite, la survenance de tant de puînés. Nous n'avons, au surplus, d'autres détails sur les premières années de sa Vie que ceux qu'il a donnés luimèrae dans sa correspondance. Il rend grâce au ciel « d'avoir été un enfant doux, » et raconte, avec une naïveté sous laquelle on sent des larmes, l'amour passionné qu'il avait pour sa mère, femme d'un mérite éminent, qui, à défaut d'autres richesses, avait du moins donné à ses enfants celles du bon conseil et du bon exemple.

A quatorze ans il avait appris tout ce qu'on pouvait apprendre alors dans une petite viUe du Périgord. Il partit bientôt pour Toulouse, dans le- dessein d'y étudier le droit et de se consacrer ensuite au barreau. ]\Iais il ne tarda guère à reconnaître que son instruction classique était fort incomplète , et que l'étude austère des lois répondait mal aux besoins de sa vive imagination. Son goût pour les travaux littéraires l'avait rapproché de quelques pères de la Doctrine chrétienne chargés de la direction du collège de Toulouse. Habiles comme les jésuites, leurs prédécesseurs, à démêler dans la foule les jeunes gens propres à honorer la congrégation, les bons pères savaient, comme les jésuites, les attirer à eux par de riantes espérances. M. Joubert ne résista pas à celles qui s'offraient à lui.

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