‹ Pensées de J. Joubert, précédées de sa correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travauxChapitre 6 sur 123 · VI LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

VI LA VIE ET LES TRAVAUX

La certitude d'échapper à l'isolement et au besoin, la sécurité de l'avenir, une existence commode mêlée de loisirs et d'étude, tout le séduisit. Il entra donc dans la Doctrine, et, sans prononcer de vœux, sans aliéner par conséquent sa liberté, il y resta jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, disciple chéri de ses maîtres et maître chéri de ses disciples. Les jeunes doctrinaires, en effet, chargés, à leur début, du professorat des basses classes de latinité, suivaient simultanément les leçons des vieux pères qui, blanchis dans l'étude, avaient pénétré avant eux les secrets de l'antiquité grecque et latine. Professeurs le matin, ils redevenaient le soir écoliers, double rôle à la fois profitable aux élèves et aux maîtres, et qui pourrait expliquer, en partie du moins, le long succès des congrégations enseignantes.

Cependant M. Joubert n'avait pu supporter, sans en souffrir, les fatigues de l'enseignement. Sa constitution délicate répondait mal à l'ardeur de son zèle, et, après quelques hésitations, il reconnut qu'il y avait pour lui nécessité de songer au repos. Ce fut à Montignac, près de sa famille, qu'il alla le chercher. Les années 1776 et 1777 qu'il y passa ne furent pas perdues pour la culture de son esprit; il les employa, non-seulement à approfondir ce qu'il avait appris chez les doctrinaires, mais à acquérir une connaissance plus étendue de l'antiquité, en pratiquant ceux des auteurs anciens qui «stent habituellement en dehors des études classiques.

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