XXXVI. VOCATION
437. — Toutes les conditions humaines sont bonnes, telles qu'il plaît à Dieu de les ordonner, et il n'y a dans toutes qu'une manière de bien vivre : c'est de combattre pour Dieu, en nous et autour de nous. Là est la sagesse, là est le bonheur, là est la gloire. Vie chrétienne, vie heureuse; vie chrétienne, vie de combats pour un instant, vie de triomphe et de gloire ici -bas et dans le ciel, maintenant et toujours ! (19, p. 4.)
438. — Les destinées sont diverses et la volonté qui nous créa tous pour le même but, ne nous assigne pas à tous les mêmes sentiers. Seulement le souverain Maître donne sa grâce avec les devoirs qu'il impose, et sur ce grand océan du monde, où se croisent tant de voyageurs, il fait souffler le vent pour toutes les voiles, et briller les astres pour tous les nochers. (18, p. 57.)
439. — Dans un jardin, au printemps, vous voyez les plantes bourgeonner et quelques - unes qui commencent à fleurir. Elles fleuriront, elles auront des
parfums, elles donneront des fruits chacune à son heure. Pour cela il leur faut seulement ce que le ciel leur distribue de soleil et d'air. Elles ne changent point de place : Dieu prend soin de les féconder où elles sont. Elles ne se jalousent pas ; le brin d'herbe a sa beauté comme la fleur et comme le fruit , parce qu'il a aussi son utilité; car dans la nature, telle chose est utile, parce qu'elle est belle , et la beauté de telle autre consiste dans son utilité.
Pourquoi donc vous plaindre de votre rôle, pourquoi le trouver trop borné, trop humble? Pourquoi vous inquiéter et vouloir faire tant de choses? Restez où Dieu vous a mis; portez les fruits qu'il vous demande. Petit brin d'herbe, le passant vous dédaigne, mais Dieu prend soin de vous faire croître , et son soleil est tout entier pour vous. Et le sage sait bien que dans votre frêle enveloppe se cache un suc précieux. (26, p. 133.)
MO. — Le soldat , dit-on , a dans sa giberne le bâton de maréchal de France. Le pauvre selon Dieu garde aussi, au fond de sa besace, la couronne de prince au royaume éternel, et les guerres ne la lui raviront pas. Sa position n'est pas un malheur; elle est sa fonction, aussi honorable et aussi sainte, mais moins dangereuse que celle du roi. Le roi n'est, comme lui, qu'un serviteur qui devra rendre un jour le même compte au même maître tout-puissant. (36, p. 239.)