VI. BUT ET PLAN DES IMPIES
609. — La croix de Simon-Pierre, pour être devenue un trône, n'a pas cessé d'être un instrument de supplice.
A cet égard, aucun ennemi de la foi ne s'est jamais trompé; tous frappent vainement, puisqu'ils combattent contre Dieu ; mais tous savent où il faut frapper. Et tous frappent là , parce que là est le centre du catholicisme. Aussi peut - on dire que quiconque frappe là, de quelque nom et sous quelque drapeau qu'il se déguise, est un ennemi de l'Évangile, un ennemi de la civilisation chrétienne, un ennemi de la liberté humaine, un ennemi des pauvres, un païen. (7, p. 537.)
610. — Dieu nous abaisse par où nous voulons monter, et nous punit par où nous péchons. L'histoire de l'hérésie est l'histoire de l'orgueil, et il n'en est pas de mieux faite pour humilier l'esprit humain. Nous y voyons d'abord un petit nombre de misérables sans honneur, sans génie, souvent sans savoir, avec la seule effronterie de leurs propres vices, et l'appui des vices et de l'ambition de quelques puissants , détruire les croyances et les libertés, bouleverser les empires, entasser les ruines au milieu des corruptions, changer une religion logique et sainte en un amas d'erreurs stupides qui enchaînent les peuples sous le double despotisme de l'homme et des sens.
Après ceux-là s'avance une troupe plus odieuse encore, c'est la phalange des écrivains et des philosophes qui entreprennent d'écrire, de justifier et de compléter ce que les autres ont fait. Mille plumes se mettent à l'œuvre, les événements sont contrefaits, les rôles sont intervertis; on défigure audacieusement la vérité, on opprime le bon sens ; ce qui n'avait pas été assez calomnié, on le calomnie de nouveau; ce qui était resté debout, on le mine, on le renverse ; ce qui était infâme, on l'excuse, on le glorifie; mais tout cela sans gène et sans pudeur, sans se donner la peine de pallier un mensonge. (28, p. 183.)