II. NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST PERSECUTE
663. — L'Homme-Dieii a été l'homme de douleur. Il n'a fait que des œuvres de justice et de miséricorde, et il a été haï, calomnié, bafoué, mis à mort. Ceux qu'il avait guéris par ses miracles , éclairés par sa doctrine , ont crié : Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous! Il a épuisé le calice des iniquités humaines. Ses amis eux-mêmes l'ont abandonné, l'ont renié; il avait nourri de sa chair celui qui l'a vendu. Ses persécuteurs l'ont tué en invoquant l'intérêt du peuple et l'intérêt du ciel; une vile populace a eu licence de l'insulter jusque sur la Croix. Voilà l'Homme-Dieu, caché et comme anéanti dans l'homme de douleur. Cependant il règne ; le titre de sa royauté, écrit de la main qui le livre, est cloué à l'instrument du supplice par les mains qui le crucifient. Que d'efforts seront faits pour déplanter ce gibet plus illustre et plus puissant que tous les trônes, pour en arracher ce titre royal ! Mais la Croix est stable, et le titre royal est écrit pour l'éternité. Sans douter jamais de sa faiblesse ni de sa victoire , le divin Supplicié avait dit : J'ai vaincu le monde. Il expire, les ténèbres enveloppent la terre, les morts sortent des sépulcres. Instruit par ces perturbations, l'homme de la force publique, celui-là même qui vient d'assurer l'exécution de l'inique sentence , reconnaît et adore la victime : c'était vraiment le Fils de Dieu !