‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 143 sur 216 · VII. AVANTAGES DES PERSECUTIONS · texte numérisé non relu

VII. AVANTAGES DES PERSECUTIONS

673. — La figure de ce monde passe; ses biens sont périssables, contemptibles. -- Dieu éprouve les justes pour les épurer; il laisse agir les méchants pour les punir. — Le voleur trouvera la justice un jour; son crime ne peut rien contre le salut de ceux qu'il dépouille; plutôt il ôte une pierre de leur chemin, une pierre qu'il se met au cou. (21 , p. 336.)

674. — Les martyrs donnent leur vie pour la vérité , et la vérité leur donne le triomphe, se faisant une forteresse invincible de l'humble amas de terre qui marque leur tombeau. Il a plu à Dieu qu'il en fût ainsi. L'Eglise, née du sang de son auteur, a vécu du sang de ses fidèles. Nos autels s'élèvent sur des sépulcres. Rome est indéracinable sur les catacombes, et ses ennemis de nos jours en ont fait l'épreuve comme ses ennemis d'autrefois. Partout où les bourreaux enfouissent le corps d'un martyr du Christ, ils sèment une église. Les siècles peuvent y passer; ils n'en refroidiront pas la sève éternelle, et l'Église germera. (14, p. 467.)

675. — La tempête fait une œuvre de Dieu. Les graines sont dispersées par le vent, et le vent s'élève quand les graines sont mûres. Ainsi les déserts fleurissent, ainsi la poussière des palmiers traverse la mer. Partout où des martyrs sont enterrés , là germent des

églises. Dans l'Église, les tombeaux sont féconds ; toute l'Église sort d'un tombeau.

Les seules causes qui meurent, sont les causes pour les((uelles on ne meurt pas. Souffrant et mourant pour l'Église, les chrétiens assurent sa vie. Voyez en combien de circonstances l'iniquité , longtemps triomphante, a trébuché enfin sur le tombeau de ses "victimes. Elle persécute, elle exile, elle bâillonne, elle tue et elle dit : « Je triomphe ! » Non , tu ne triomphes pas, et tes iniquités ne sont pas devenues des justices. Il est dans l'essence de la vérité de s'affirmer par des châtiments ; l'erreur se révèle et se dénonce par les persécutions. (20, p. 73.)

676. — En nous livrant aux haines du monde, comme il s'y est livré lui-même. Dieu nous a donné comme à lui la fécondité dans la mort. Partout où l'homme a creusé le tombeau d'un saint. Dieu a fait le berceau d'une église. Pour remplacer nos pères, il nous naît des fils. (31, p. 300.)

677. — L'enfer fait la nuit, il ne peut faire autre chose. Dans la nuit, Dieu travaille; et quand il a suffisamment travaillé, il ordonne au jour de paraître, et l'on voit son œuvre. (21 , p. 345.)

678. — Une disgrâce peut être un inconvénient, mais jamais un malheur pour les gens d'Église; ils sont même habitués à la considérer comme un titre de gloire, lorsqu'elle a eu pour cause l'accomplissement d'un devoir. (5, p. 292.)

g79. — La prison ! Mais elle a été le berceau des chrétiens. Nous avons nos racines dans les catacombes. Mettre un chrétien en prison , c'est le retremper dans l'air natal. (5, p. 331.)

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