‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 16 sur 216 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Voilà l'Homme-Dieu, caché et comme anéanti dans l'homme de douleur. Du ciel, qui semble fermé, nul secours ; sur la terre , son domaine est le Calvaire , son trône un gibet. (32, p. 3.)

38. — Dieu lui-même daigne servir le pauvre, pardonner à l'ingrat , s'offrir et se donner à tous avec incomparablement plus de générosité que n'ont pu le faire les plus grands saints! Il est descendu du ciel, il s'est livré aux tortures et à la mort, il renouvelle incessamment son sacrifice; il se tient là, dans de pauvres tabernacles, à nous attendre comme un indigent qui sollicite notre charité! Et qu'attend-il? que nous venions auprès de lui , puiser par avance à la source de l'éternelle joie. Hélas ! combien peu nous y pensons ! que nous répondons froidement à tant d'amour! (18, p. 99.)

39. — Jésus- Christ est venu en ce monde spécialement pour les pauvres et pour les petits, pour la foule humaine; il est venu pour les sortir des ténèbres, pour les délivrer de l'esclavage. Et, depuis dix-huit siècles, tout ce qui s'est fait contre la loi de Jésus-Christ, s'est fait aussi spécialement, immédiatement et matériellement contre cette multitude. A chaque coup elle a été trahie, déshéritée d'un bienfait du Rédempteur; l'incrédulité lui ôte ce monde et l'autre la replonge graduellement dans l'abîme d'ignorance, d'abandon et de servitude d'où l'Homme-Dieu l'avait tirée, livre au mal et sa chair et son âme.

Et si la société pouvait enfin , par un crime plus affreux que le premier déicide , s'éloigner du Christ tout à fait, ce serait la nuit antique, mais plus épaisse, sans aurore , sans flambeaux , sans espoir ; et Dieu , pour réaliser l'enfer, n'aurait plus qu'à faire descendre là l'éternité. (13, p. 341.)

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