‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 26 sur 216 · VI. LE SAINT EVANGILE · texte numérisé non relu

VI. LE SAINT EVANGILE

88. — On consulte toutes les histoires , on écoute tous les charlatans, et l'Évangile est le seul livre qu'on n'ouvre pas, et il n'y a que Dieu à qui nos sages ne disent point : Sauvez-nous , nous périssons! (7, p. 400.)

89. — L'Évangile est par lui-même toujours jeune; il serait même très -nouveau pour beaucoup de lecteurs.

Chez les incrédules, l'ignorance de ce livre divin est ordinairement totale ; chez un grand nombre de chrétiens, elle n'est guère moindre. On sait FÉvangile par cœur, et on ne le connaît pas. On ne l'a pas lu avec suite, avec ordre, tel qu'il a été conçu; on ne l'a peutêtre ni entendu expliquer, ni médité comme il faut. Quiconque ne voit dans l'Évangile que la lettre , n'y voit pas mêm^e la lettre; et quiconque y cherche seulement la morale, n'y trouve pas la morale qu'il contient. Cet Évangile de la lettre et de la stricte morale n'est que le squelette du véritable Évangile catholique; il est dépouillé de la beauté que Dieu voulut y mettre pour attacher nos cœurs à Jésus - Christ par les chaînes de l'amour. (1, p. 10.)

90. — La connaissance de Jésus-Christ est l'asile où, dans les temps malheureux qui s'annoncent, les âmes trouveront tout ce qui reste de force, de consolation et d'honneur sur la terre. Car la conjuration que nous voyons s'élever contre Jésus-Christ est une conjuration contre l'espèce humaine pour l'enchaîner et pour l'avilir. Et quiconque ne connaîtra pas et n'aimera pas Jésus-Christ succombera, sera enchaîné, sera avili.

Les chrétiens doivent aujourd'hui comprendre l'obligation qui leur est faite de s'iiistruire davantage. Nous savons trop peu combien Dieu est Dieu, c'est-à-dire combien il est bon , grand et beau.

Nous sommes coupables envers Dieu et envers nousmêmes de la négligence qui nous tient en réalité si loin des merveilles dont il a pris soin de nous entourer.

Cette négligence est une part personnelle et considérable que nous prenons aux crimes de l'impiété qui nie. Nous trouvant plus instruits, instruits comme nous devrions l'être, la négation sentirait le besoin d'étudier elle-même davantage, et la demi-science, qui éloigne, reconnaissant son insuffisance, pourrait devenir la science vraie qui convertit. (1, p. 19.)

Page 1