‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 28 sur 216 · VIII. CE QU ON DOIT AU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

VIII. CE QU ON DOIT AU CHRISTIANISME

92. — Le paganisme lègue au christianisme naissant la plus abominable et la plus naturelle des institutions humaines, l'esclavage. L'esclave des Romains n'était pas un tîomme; il était une chose possédée. Même en se rachetant, il ne pouvait s'élever au rang de citoyen; il devenait affranchi, et restait attaché à la clientèle de son ancien maître.

Dès que le christianisme retentit au milieu de la gentihté, l'esclavage est attaqué dans sa source. Les maîtres chrétiens donnent la liberté à ceux qu'ils ne regardaient pas comme des hommes, et qu'ils considèrent désormais comme leurs frères. Souvent ils vont dans les marchés acheter ces malheureux pour les délivrer dujoug. (17, p.77.)

93. — La loi du Christ n'a pas seulement délivré l'humanité du joug permanent de la tyrannie; mais encore rÉglise du Christ, établie au centre de la tyrannie abattue, a su former dans le monde un esprit public invinciblement rebelle à la tyrannie. Le monde ne souffre plus que comme une exception de courte durée, ce qui jadis était la règle sans exception. (21, p. 266.)

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