I. DIEU CRÉATEUR
1. — A ceux qui demandent: « Connaît-on la nature de Dieu et l'essence de l'âme? » Disons seulement qu'il y a des philosophes qui les connaissent. Ceux-ci ne prétendent pas avoir découvert ces merveilles, mais ils les ont apprises de Dieu lui - même. Le Créateur a daigné se révéler certainement à la créature, afin que l'homme sût de qui il est, ce qu'il est, quelle destinée l'attend, quelle voie il doit prendre pour recevoir enfin la lumière et contempler face à face la vérité.
Dieu est im pur esprit, éternel, qui n'a pas eu de commencement et qui n'aura pas de fin. Il est le créateur et le souverain maître de toutes choses , visibles et invisibles, et sa seule volonté, qui atout créé, soutient
tout. Il a aussi créé Thomme, dans lequel il a abrégé l'univers, et il lui a donné une âme, pour que la création tout entière, résumée dans l'homme, connût et aimât son Créateur. (M, p. 286.)
2. — Je ne suis rien; je ne puis rien créer, et tout ce que je vois me prouve un Créateur. Ce Créateur a fait toutes choses, et les a faites de rien ; car, lorsque l'intelligence même de l'homme est dépourvue des facultés créatrices et ne peut faire naître spontanément par l'effort de sa volonté ni un brin d'herbe, ni un vermisseau, comment comprendre que la matière inintelligente, d'abord se soit créée elle-même, puis qu'elle ait formé l'ordre du monde, et enfin qu'elle ait enfanté en dehors d'elle cette vie agissante qu'elle n'a pas!
Il y a donc un Créateur préexistant à toutes choses. Il est maître de la vie, il est maître de la mort; il n'a point commencé , il ne doit point finir. Et de là il m'est aisé de conclure et sa toute - puissance et sa perfection.
Comme tout ce qui est sur la terre , je suis sa créature : s'il m'a fait , il me connaît ; il sait ce qui se passe dans mon cœur, il voit l'action de cette intelligence qu'il m'a donnée ; par le don de cette intelligence, refusée à d'autres créatures , il m'impose envers lui des devoirs qu'elles n'ont pas. J'ai certainement autre chose à faire qu'à végéter comme la plante, et qu'à vivre comme l'animal. (25, p. 252.)
3. — Le premier bienfait de Dieu est de nous avoir placés au milieu des merveilles de sa création. L'immensité, la diversité, la beauté de la nature, est la porte toujours ouverte du sanctuaire, où de lui-même l'esprit devine et va chercher le Seigneur.
Toute la nature chante les louanges de Dieu , pour instruire l'homme à louer Dieu. Elle est le livre clair et infini, où l'ignorant peut toujours lire, le savant tou-