‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 36 sur 216 · IV. DOCTRINE DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

IV. DOCTRINE DE L'ÉGLISE

142. — L'immense et sublime enseignement du christianisme consiste en deux mots, mais deux mots

OÙ est renfermée toute la vie, toute la doctrine du Sauveur Jésus : souffrir, compatir; la souIFrance pour soi, la compassion pour autrui; souffrance patiente et silencieuse, compassion ardente, active, efficace. (4, p. 29. )

143. — Notre foi catholique n'est point susceptible d'une certaine civilisation ; nous luttons précisément contre celte civilisation que l'on voudrait nous imposer. Ceux donc qui sont vraiment calholiques aujourd'hui, le sont comme l'ont été leurs pères, fils militants de l'Église , à loutes les époques et dans toutes les conditions. Tels ils resteront, quoi qu'il arrive: tels on trouvera ceux qui s'élèveront à leur suite contre des adversaires qui , quant au fond, ne se transforment pas plus qu'eux-mêmes. Judas et l'hérésie sont contemporains de l'Évangile et de la Croix. (5, p. 140.)

144. — Laissons agir l'Église : ou Dieu a condamné le monde, et le monde va périr, ou l'Église saura discipliner l'excès du savoir, comme elle a discipliné l'excès de la barbarie. Avec ses vieilles vérités elle saura faire des choses nouvelles : l'homme qu'elle doit instruire, consoler, diriger, est le même homme qu'autrefois; les circonstances extérieures n'ont rien changé à son âme; il porte le poids des mêmes désirs , des mômes souffrances, et la même lumière doit dissiper chez lui les mêmes erreurs. (25, p. 141.)

145. — Le monde civilisé tout entier travaille à une apologie de la religion catholique. Les peuples ne frémissent, les trônes ne sont renversés, les sociétés ne croulent, le genre humain n'est dans l'angoisse et la terreur que pour justifier la sagesse des enseignements et des œuvres de l'Église. Plus le travail de destruction, commencé dans le dernier siècle, s'élargit et s'accomplit, plus aussi la lumière se fait. Les causes de la mort révèlent les sources de la vie. Nous apprenons com-

ment une société peut vivre, lorsque nous voyons pourquoi elle meurt. (8, p. 299.)

446. — « L'Église doit être de son temps. » L'Église est de son temps, en a toujours été, en sera toujours, parce qu'elle est de tous les temps.

Jésus-Christ est le Roi du monde ; il parle au monde par son Prêtre, et les décrets de ce prêtre étant l'expression des droits royaux de Jésus-Christ, sont éternels. Ils ne s'appliquent pas à un temps, mais à tous les temps ; à une société, mais à toutes les sociétés ; à quelques hommes, mais à tous les hommes. Comme ils sont dictés suivant la nature de l'humanité par le Créateur même de l'humanité, partout la société humaine en a besoin. (33, p. 35-37.)

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