‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 77 sur 216 · XI. ENFER · texte numérisé non relu

XI. ENFER

345. — Si le grand homme impie qui n'est plus, tombe immédiatement sous le gouvernement du diable, comme il y a raison de le craindre, imaginez la figure qu'il peut faire avec tout son génie !

Le voilà premièrement mêlé à la plus horrible canaille qui ait souillé le globe, sans aucun grade, sans aucune auréole. Sur la terre, il était au moins l'un des rois du mal: il n'est plus ici qu'un insecte innomé, dans la tourbe de cette hideuse vermine qui se ronge elle-même impérissablement. (39, p. 37.)

Cependant il a été grand poète et grand seigneur, grand exemple et grand docteur de scandale. La multitude des damnés l'ignore, lui s'en souvient, et Satan le sait. Satan donc se promène, il regarde. Son regard, que chacun voudrait fuir, tombe sur ceux qui ont régné par la main ou par la pensée. Il les appelle et il les frappe du sceptre qu'ils ont porté. Il loue les poêles impudiques des conquêtes qu'ils ont faites pour lui , il chante leurs plus beaux vcrr... , et les morsures du feu éternel ne sont rien, comparées à la honte et au désespoir qui les fait hurler. (39, p. 37.)

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