‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 78 sur 216 · XII. EXEMPLE · texte numérisé non relu

XII. EXEMPLE

346. — Le grand service à rendre aux incrédules, c'est de faire que les chrétiens soient chrétiens. Si ce petit nombre de fidèles, hommes et femmes, qui fréquentent assidûment les églises, étaient vraiement ce qu'ils doivent être, s'il avaient la science, l'amour, le

zèle de l'Évangile, ce petit nombre suffirait à changer le monde. (39, p. 398.)

347. — Il n'y a pas seulement à donner en ce monde du pain, des vêtements, des oboles. Quels donneurs que le pauvre et le malade qui donnent le beau spectacle de la résignation dans l'indigence et dans la douleur! Quels donneurs que le captif et le solitaire qui, l'un devant son geôlier sans cœur, l'autre dans son désert sans yeux, donnent à Dieu leur soumission et leur amour! (19, p. 329-330.)

348. — Quand est-ce que le monde aura des indices certains du retour de l'ordre , du règne de la paix , du triomphe de la fraternité? Ce n'est pas lorsque nous verrons paraître de beaux livres , prononcer de beaux discours, gagner de grandes batailles, ni même célébrer en pompe des services religieux; c'est quand on annoncera que tel grand, tel riche, tel puissant de la terre vient de se retirer du monde et de se jeter dans un couvent. Alors on pourra dire que d'illustres événements se préparent, que le mal enfm va être combattu, que la société va remporter de sérieuses victoires. D'ici là la plume, la parole, l'épée, l'argent, la hache peuvent se donner carrière ; il y aura d'inutiles succès de vanité, d'atroces succès de la force, mais pas un esprit éclairé, pas un cœur apaisé, pas une misère secourue , pas un jour de sécurité pour le vainqueur. (9 , p. 118.)

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