Quand la pensée s'arrête sur les enfants en
fermés dans les bras de Dieu et touchant son sein , on est comme ébloui. C'est donc ainsi que Dieu nous a aimés, c'est donc là ce que nous valons, c'est là ce que vaut l'innocence !
Et cette innocence nous peut être rendue d'un mot qu'il dépend de nous de prononcer, d'un soupir qu'il dépend de nous de jeter dans cet abîme qui nous sépare de l'Infini. Ces espaces sans mesure que nous avons mis entre nous et Dieu, cette lèpre qui nous couvre, tout cela n'est plus rien. Notre soupir, porté au ciel par les anges dont le Verbe créateur nous a entourés, arrivera tout de suite au Verbe incarné, et notre lèpre tombera en un instant , et nous serons les enfants sans tache du Dieu très - haut ; et rien sur la terre ni au ciel, aucune puissance de justice ni aucun souvenir de nos iniquités ne prévaudra contre la parole qui nous ouvrira son cœur : « Père , j'ai péché. »
C'est ainsi que Dieu a aimé le monde. (4, p. 317.)
375. — Il y a beaucoup de saints , et leur nombre l'emporte peut-être sur celui des méchants tout à fait méchants. La terre en est pleine : les petits enfants qui vivent dans la grâce du baptême; les pauvres paysans qui font le signe de la croix en commençant leur journée et qui remercient Dieu de leur repas de pain et d'herbe , et de leur sommeil tranquille dans leur chaumière ouverte au vent. Vous ne comptez pas les récluses dans leurs monastères, dont la prière perpétuelle s'épanche sur vous. Tout cela, tout cela mène une vie innocente , tout cela fait pénitence et tout cela vous sauve. (12, p. 484.)