‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 94 sur 216 · XXVII. PURGATOIRE · texte numérisé non relu

XXVII. PURGATOIRE

408. — Pour puiser au trésor sacré et remplir la fonction d'intermédiaire entre la justice divine et la détresse de l'âme du purgatoire, une seule condition est nécessaire , mais la nécessité en est absolue : nous devons gagner nous-mêmes l'indulgence que nous appliquons. A porter cette richesse, il faut des mains pures. Alors nos mains deviennent le vase qui peut répandre à larges ondes l'eau du rafraîchissement.

Imaginez un désert de sable où vos meilleurs amis, épuisés, dévorés de fièvre, sans abri sous un soleil brûlant, demandent une goutte d'eau que personne ne leur

apporte, un souffle frais qui ne se lève jamais : et tout à coup voici qu'il vous est donné de courir vers eux avec un vase profond et rempli et que vous pourrez remplir toujours, et cette eau leur rendra la force, la vie et la liberté. Certes vous tendrez les mains et vous courrez, veillant à vos pas, de peur que le vase ne laisse échapper l'eau salutaire et qu'elle ne soit misérablement perdue.

Ainsi nous pouvons, par la prière et par les bonnes œuvres, descendre dans ce formidable purgatoire, théâtre de douleurs inénarrables ; ainsi avec l'indulgence gagnée par nous , transmise par nous , nous y pouvons faire pénétrer le rafraîchissement, nous y pouvons même porter la délivrance. (22, p. 361.)

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