‹ Pensées de Nicole de Port RoyalChapitre 98 sur 99 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ce que nous avons vu jusquici suffit pour donner une légère idée des moyens qui peuvent servir à conserver la paix entre les hommes, et ils sont tous compris dans ce verset du psaume : Pax multa diligentibus legem tuam , et non est Mis scandalum : ceux qui aiment votre loi jouissent d'une paix abondante , et ils n'en sont point scandalisés. Car, si nous n'aimions que la loi de Dieu, nous nous rendrions attentifs à ne pas choquer nos frères; nous ne les irriterions jamais par des contestations indiscrètes; et jamais leurs fautes ne non* seraient une occasion de colère, d'aigreur , de trouble et de scandale , puisque ces fautes ne nous empêchent pas de demeurei attachés à cette loi; qu'elle nous oblige de les souffrir avec patience; et que c'est en particulier ce précepte de la toléra chrétienne que l'apôtre appelle la loi dj

^esus-Christ. Portez , dit -il, les fardeaux les uns des autres , et vous observerez la loi de Jésus-Christ.

Nous devons donc reconnaître que toutes nos impatiences et tous nos troubles viennent de ce que nous n'aimons pas assez cette loi de charité; que nous avons d'autres inclinations que celles d'obéir à Dieu; et que nous cherchons notre gloire, notre plaisir, notre satisfaction dans les créatures. Ainsi, le principal moyen pour établir l'âme dans une paix solide et inébranlable, c'est de l'affermir dans cet unique amour qui ne regarde que Dieu en toutes choses , qui ne désire que de lui plaire , et qui met tout son bonheur à obéir à ses lois.

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