‹ Pensées de PascalChapitre 46 sur 111 · CHAPITRE XVlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVlll

Il doit aveugler les sages et les savants, /s., vi [10], VIII [14, 15], XXIX [10, etc.] et annoncer l'Évangile aux pauvres et aux petits, Is., xxix [18, 19], ouvrir les yeux des aveugles, et rendre la santé aux infirmes, et mener à la lumière ceux qui languissent dans les ténèbres. Is., lxi [1].

Il doit enseigner la voie parfaite, et être le précepteur des Gentils. Is., lv [4], xlii [1-7].

Qu'il doit être la victime pour les péchés du monde. Is., xxxix, lui [6], etc.

Il doit être la pierre fondamentale et précieuse. Ts., XXVIII [16].

Il doit être la pierre d'achoppement et de scandale. Is., VIII [14]. Jérusalem doit heurter contre cette pierre.

Les édifiants doivent réprouver cette pierre. Ps., cxvii [22].

Dieu doit faire de cette pierre le chef du coin.

Et cette pierre doit croître en une montagne, et doit remplir toute la terre. Dan., ii [35].

Qu'ainsi il doit être rejeté, Ps., cviii [8], méconnu, trahi*, vendu, Zach., xi [12]; craché, souffleté, moqué, affligé en une infinité de manières, abreuvé de fiel, P5., Lxviii [22], transpercé, Zach., xii [10], les pieds et les mains percés, tué, et ses habits jetés au sort.

Qu'il ressusciterait, Ps.y xv [10], le troisième jour. Osée, VI [3].

Qu'il monterait au ciel pour s'asseoir à la droite. Ps.y cix [1].

Que les rois s'armeraient contre lui. Ps., ii [2].

Qu'étant à la droite du Père, il sera victorieux de ses ennemis.

Que les rois de la terre et tous les peuples l'adoreraient. IS.y LX [14].

Que les Juifs subsisteront en nation. Jérémie.

Qu'ils seront errants, sans rois, etc., Osée^ m [4], sans prophètes, Amos; attendant le salut, et ne le trouvant point. lix [9].

Vocation des Gentils par Jésus-Christ. Js., lu [15] ; Lv [5]; LX [4, etc.]; Ps., lxxxi [11, 18, etc.].

Figures. — ... Sauveur, père, sacrificateur, hostie, nourriture, roi, sage, législateur, affligé, pauvre, devant produire un peuple, qu'il devait conduire, et nourrir, et introduire dans la terre...

f Jésus-Christ, offices'^, — Il devait lui seul produire un grand peuple, élu, saint et choisi ; le conduire, le nourrir, l'introduire dans le lieu de repos et de sainteté ; le rendre saint à Dieu ; en faire le temple de Dieu, le réconcilier à Dieu, le sauver de la colère de Dieu, le délivrer de la servitude du péché, qui règne visiblement dans l'homme; donner des lois à ce peuple, graver ces lois dans leur cœur, s'offrir à Dieu pour eux, se sacrifier pour eux, être une hostie sans tache, et lui-même sacrificateur : devant s'offrir lui-même, son corps et son sang, et néanmoins offrir pain et vin à Dieu...

f ... Qu'il devait venir un libérateur, qui écraserait la tête au démon, qui devait délivrer son peuple

* C'est-à-dire la mission que Jésus-Christ est venu remplir sur la terre.

CHAPITRE XVllI. 305 de ses péchés, ex omnibus iniquitailhus ; qiril devait y avoir un Nouveau Testament, qui serait éternel ; qu'il devait y avoir une autre prêtrise selon l'ordre de Melchisédech ; que celle-là serait éternelle; que le Christ devait être glorieux, puissant, fort, et néanmoins si misérable qu'il ne serait pas reconnu; qu'on ne le prendrait pas pour ce qu'il est; qu'on le rebuterait, qu'on le tuerait; que son peuple, qui l'aurait renié, ne serait plus son peuple; que les idolâtres le recevraient, et auraient recours à lui ; qu'il quitterait Sion pour régner au centre de l'idolâtrie; que néanmoins les Juifs subsisteraient toujours ; qu'il devait être de Juda, et quand il n'y aurait plus de roi.

Perpétuité. — Qu'on considère que, depuis le commencement du monde, l'attente ou l'adoration du Messie subsiste sans interruption ; qu'il s'est trouvé des hommes qui ont dit que Dieu leur avait révélé qu'il devait naître un Rédempteur qui sauverait son peuple; qu'Abraham est venu ensuite dire qu'il avait eu révélation qu'il naîtrait de lui par un fils qu'il aurait; que Jacob a déclaré que, de ses douze enfants, il naîtrait de Juda ; que Moïse et les prophètes sont venus ensuite déclarer le temps et la manière de sa venue; qu'ils ont dit que la loi qu'ils avaient n'était qu'en attendant celle du Messie ; que jusque-là elle serait perpétuelle, maisque l'autre durerait éternellement; qu'ainsi leur loi, ou celle du Messie, dont elle était la promesse, serait toujours sur la terre; qu'en effet elle a toujours duré; qu'enfin Jésus-

Christ est venu dans toutes les circonstances prédites. Cela est admirable.

f Si cela est si clairement prédit aux Juifs, comment ne Tont-ils pas cru ? ou comment n'ont-ils pas été exterminés, de résister à une chose si claire ?

Je réponds : premièrement, cela a été prédit, et qu'ils ne croiraient point une chose si claire, et qu'ils ne seraient point exterminés. Et rien n'est plus glorieux au Messie; car il ne suffisait pas qu'il y eût des prophètes; il fallait que leurs prophéties fussent conservées sans soupçon. Or, etc.

Les prophètes mêlés de choses particulières, et de celles du Messie, afin que les prophéties du Messie ne fussent pas sans preuves, et que les prophéties particulières ne fussent pas sans fruit.

f Non habemus regem nisi Cœsarem. Donc Jésus- Christ était le Messie, puisqu'ils n'avaient plus de roi qu'un étranger, et qu'ils n'en voulaient point d'autre.

f Prophéties. — Les soixante-dix semaines * de Daniel sont équivoques pour le terme du commencement, à cause des termes de la prophétie; et pour le terme de la fin, à cause des diversités des chronologistes. Mais toute cette différence ne va qu'à deux cents ans.

^ Les prophéties doivent être inintelligibles aux impies, Dan.y xii [10] ; Osée, uU. [10], mais intelligibles à ceux qui sont bien instruits.

* La propliétie des soixante-dix semaines est regardée le plus généralement comme marquant la date de Tavénement du Messie.

(Havet.)

CHAPITRE XIX. 307 ...Les prophéties qui le représentent pauvre, le représentent maître des nations. Is., lu [14, etc.], un; Zach., IX [9].

... Les prophéties qui prédisent le temps, ne le prédisent que maître des Gentils, et souffrant, et non dans les nuées, ni juge. Et celles qui le représentent ainsi jugeant et glorieux, ne marquent point le temps.

Page 1