‹ Pensées de PascalChapitre 74 sur 111 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

croire ceux qui en sont. Ce qui les fait croire, c'est la croix, ne evacuata sit crux. Et ainsi saint Paul, qui est venu en sagesse et signes, dit qu'il n'est venu ni en sagesse ni en signes, car il venait pour convertir. Mais ceux qui ne viennent que pour convaincre peuvent dire qu'ils viennent en sagesse et signes.

La loi obligeait à ce qu'elle ne donnait pas. La grâce donne ce à quoi elle oblige.

Ce que les hommes, par leurs plus grandes lumières, avaient pu connaître, cette religion l'enseignait à ses enfants.

Que je hais ces sottises, de ne pas croire TEucha ristie, etc.. ! Si l'Évangile est vrai, si Jésus-Chrisï est Dieu, quelle difficulté y a-t-il là ?

Lin.

Le juste agit par foi dans les moindres choses : quand il reprend ses serviteurs, il souhaite leur conversion par l'esprit de Dieu, et prie Dieu de les corriger, et attend autant de Dieu que de ses répréhensions, et prie Dieu de bénir ses corrections. Et ainsi aux autres actions.

f De tout ce qui est sur la terre, il ne prend part qu'aux déplaisirs, non aux plaisirs. Il aime ses proches , mais sa charité ne se renferme pas dans ces bornes, et se répand sur ses ennemis, et puis sur ceux de Dieu.

Pourquoi Dieu a établi la prière. — 1^ Pour com-

miiniquer à ses créatures la dignité de la causalité. 2*^ Pour nous apprendre de qui nous tenons la vertu. 3^' Pour nous faire mériter les autres vertus par travail. — Objection. Mais on croira qu'on tient la ^ prière de soi. — Cela est absurde, car puisque, ayant la foi, on ne peut pas avoir les vertus, comment aurait-on la foi ? Y a-t-il pas plus de distance de l'infidélité à la foi que de la foi à la vertu?

^ Dieu ne doit que suivant ses promesses. Il a promis d'accorder la justice aux prières : jamais il n'a promis les prières qu'aux enfants de la promesse.

M. de Roannez disait : Les raisons me viennent après, mais d'abord la chose m'agrée ou me choque sans en savoir la raison, et cependant cela me choque par cette raison que je ne découvre qu'ensuite. Mais je crois, non pas que cela choquait par ces raisons qu'on trouve après, mais qu'on ne trouve ces raisons que parce que cela choque.

Il n'aime plus cette personne qu'il aimait il y a dix ans. Je crois bien : elle n'est plus la même, ni lui non plus. Il était jeune et elle aussi; elle est tout autre. Il l'aimerait peut-être encore, telle qu'elle était alors.

Craindre la mort hors du péril, et non dans le péril, car il faut être homme.

^ Mort soudaine seule à craindre, et c'est pourquoi les confesseurs demeurent chez les grands.

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