I. Comme sujets nous devons obéir à Fégîise t
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pourquoi ? parce qu'elle a sur nous un pouvoir souverain. Pouvoir évidemment et formellement exprimé dans ces paroles du Sauveur du monde à ses apôtres 5 qui dès-lors représentoient l'église : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié Mau i5 19. dans le ciel y et tout ce que vous délierez sur La terre ^ sera délié dans le ciel c'est-à-dire, tout ce que vous jugerez , tout ce que vous déciderez , tout ce que vous ordonnerez ^ ou pour la doctrine ou pour les mœurs 5 sera confirme et ratifié dans le ciel. Si bien que tout jugement de l'église , en tant qu'il est prononcé par l'église devient un jugement du ciel; et que tout ordre de l'église , en tant qu'il est émané de l'église , devient pareillement un ordre du ciel même.
Pouvoir d'une telle étendue , que dans toutes les parties de la terre , il n'y a point de puissance qui ne lui soit subordonnée. Non pas qu'elle entreprenne de passer les bornes que Jésus-Christ son époux lui a prescrites , ni qu'elle prétende porter plus loin son empire. Ce divin Sauveur nous a expressément déclaré que son royaume n'étoit pas de ce monde , voulant par là nous faire entendre que ce n'étoit pas un royaume temporel. Ainsi l'église ^ bien loin de s'élever au-dessus des puissances humaines, ni d'affoiblir leur domination , est au contraire la plus zélée à maintenir leurs droits et l'obéissance qui leur est due. Car voilà sur quoi elle s'est expliquée le plus haut-ement et le plus ouvertement par deux de ses plus grands oracles , l'un le docteur des nations , €t l'autre le prince même des apôtres : Que toute Rom. i3, T. II. 5
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personne soit soumise aux puissances supérieures} parce qu^ elles sont établies de Dieu. Quicon-^ que ose leur résister résiste à Dieu même ^ et s^ attire une juste condamnation. C'est la leçon i. P^t.a. i3. que nous fait saint Paul. Rendez-vous ohéissans à vos maîtres : soit au roi y comme à celui qui est au-dessus de tous ^ soit aux commandans y comme à ceux que le prince à envojés et qu^il a revêtus de son autorité. C'est ce que saint Pierre nous enseigne. Mais du reste, dès qu'il s'agit de la puissance spirituelle , il faut alors que tout plie , que tout s'humilie; que depuis le monarque qui domine sur le trône , jusqu'au plus vil sujet qui rampe dans la poussière 5 depuis le grand jusqu'au plus petit 5 depuis le savant jusqu'au plus sim-^ pie 5 tous reconnoissent la souveraineté de l'église, et se tiennent à son égard dans une dépendance légitime. Point là-dessus d'exception ni de lieux^ ni de rangs 5 ni de conditions.
Pouvoir d'une telle prééminence , que nul autre parmi les hommes ne l'égale , ni ne peut atteindre au même degré. De tous les rois , de tous les princes , et de tous les potentats du siècle, aucun n'a le même droit sur les opérations de Hion âme 5 ni dans la même étendue : je veux dire qu'aucun ne peut m'ordonner de croire tout ce qu'il croit , de penser tout ce qu'il pense , de condamner intérieurement tout ce qu'il condamne ^ d'approuver tout ce qu'il approuve. Au dehors ils peuvent exiger de moi , ou un silence respectueux 5 ou certaines apparences d'un acquieseçmçïit e^^t4rieur. dois même , dan§ le fond
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du cœur , et par un esprit d'obéissance , me conformer, autant qu'il est possible, à ce qu'ils jugent et à ce qu'ils ordonnent. Mais du reste , dans la persuasion où je suis ^ qu'étant homme comme les autres, ils ne sont pas plus exempts d'erreur que les autres, s'ils se trompent en effet, je puis ne penser point comme ils pensent- Il n'appartient qu'à l'église , à cette église souverainement dominante, de nous dire , croyez ceci , et de nous imposer par là une obligation étroite de le croire ; de le croire, dis-je, de coeur, sans qu'il nous soit permis de douter, de raisonner, de former des difficultés, et de disputer sur ce qu'elle a une fois jugé et défini. Elle a parlé , c'est assez, A cette seule décision , le plus sublime génie et l'esprit le plus borné doivent également se rendre , et il n'est pas plus libre à l'un qu'à l'autre d'entrer dans un examen qui leur est interdit. Quiconque refuseroit à l'église cette soumission , elle est autorisée à le traiter de rebelle , à le retrancher de sa communion , et à le frapper de ses anathèmes. Triste état où l'indocilité de tant d'hérétiques les a réduits. Ce sont des brebis errantes et perdues, à moins qu'il ne plaise à Dieu de les ramener par sa grâce. Demandons-lui pour eux ce retour si nécessaire ; mais sur-tout demandons-lui pour nous la simplicité de la foi , et une docilité d'esprit qui nous préserve des mêmes égaremens.
II. Comme enfans de l'église nous devons l'aimer puisqu'elle est notre mère. Le prophète disoit, Une mère peut-elle oublier V enfant qii^elle aUak^^^.iS. T. IL 5^