‹ Pensées... de religion et de moraleChapitre 11 sur 88 · DEVOIRS DES FIDÈLES · texte numérisé non relu

DEVOIRS DES FIDÈLES

mis au mondel et renversant la proposition sans la contredire , J'ajoute et je dis de même. Un enfant peut-il oublier la mère qui Fa conçu dans son sein , et à qui il est redevable de la vie et de la naissance ? Une mère qui abandonneroit son enfant 5 et lui refuseroit ses soins, seroit indigne du nom de mère; et un enfant qui renoncei^oit sa mère 5 ou la regarderoit avec indifférence ^ dementiroit tous les sentimens naturels et toute Fliumanité. Or, que Fëglise soit mère, et notre mère ; qu'elle ait pour nous toute l'attention , toute la tendresse de mère; c'est, selon l'esprit, et non selon la chair , l'aimable qualité et l'ilustre pré-rogative qui ne lui peut être contestée , pour peu que nous considérions toute sa conduite envers chacun des fidèles.

Dès notre naissance elle nous a régénérés en Jésus-Christ par le baptême. Elle nous a marqués du sceau de Dieu et du caractère de la foi. -Elle nous a recueillis dans ses bras , et elle s'est chargée de nous donner la nourriture spirituelle. Y a~t-il moyen qu'elle n'emploie dans tout le cours de nos années , pour nous former , pour nous instruire et pour nous éclairer , pour nous diriger dans les voies de Dieu et nous y avancer^ ou pour y appeler ceux qui ont eu le malheitr d'en sortir? Que de ministres elle députe pour cela ! que de secours elle nous fournit ! que de prières elle adresse à Dieu ! que d'offrandes et de sacrifices elle présente , toujours attentive à nos besoins, et toujours sensible à nos véritables intérêts , qui sont les intérêts du salut I C'est ainsi

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tju'elle nous conduit dans les divers âges de notre vie 5 et qu'elle ne cesse point de veiller sur nous ni d'agir pour nous.

Elle fait plus , et c'est sur-tout à la mart , à ce passage si dangereux , qu'elle redouble sa vigilance et qu'elle déploie , dans toute son étendue, son affection maternelle. Elle ouvre en notre faveur tous ses trésors. Elle donne aux prêtres qui nous assistent , tous ses pouvoirs ; elle ne se réserve rien , et elle leur confère toute sa juridiction pour pardonner et pour absoudre. Il n'y a qu'à l'entendre parler elle-même. En quels termes s'exprime-t-elle dans cette recommandation qu'elle fait à Dieu de l'àme d'un mourant ? Est-il rien de plus vif? est -il rien de plus tendre et de plus touchant ? Encore n'en demeure-t-elle pas là. Ses enfans lui sont toujours chers jusqu'à la mort , et après la mort. Ils disparoissent à ses yeux, mais leur mémoire ne s'efface point de son souvenir. Elle veut que leurs corps reposent dans une terre sainte , et que leurs ossemens soient conservés avec la décence convenable. Cependant elle s'intéresse encore plus pour leurs âmes ; et parce qu'elle a un juste sujet de craindre que ces âmes, quoique fidèles , redevables à Dieu , ne soient détenues dans un feu qui les purifie et où elles doivent souffrir jusqu'à ce qu'elles aient satisfait à la justice du Seigneur , elle les aide , autant qu'il est en elle , de ses suffrages , ne cessant point de prier , de solliciter , d'agir , tant qu'elle est incertaine de leur état , et qu'il lui reste là-dessu§ quelque doute.

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