ACTIONS DE GRACES
soumets et je me tais. Je n'écoute plus ni celui-ci ^ nî celui-là ; ou je ne les écoute , que pour rejeter l'un 5 parce qu'il n'écoute pas l'église , et pour me joindre à l'autre y parce qu'il fait profession comme moi de n'écouter que l'église.
Par là, mon Dieu, je me dégage de bien des embarras, et dans un moment je lève toutes les difficultés : car j'en ai tout d'un coup la réso-* lution dans mon obéissance à l'église. Par là ma foi devient plus pure, plus ferme, plus assurée, et plus tranquille. Au milieu de toutes les tempêtes et de tous les orages , je me jette dans la barque de Pierre ; et toute battue qu'elle est des flots , j'y goûte la douceur du calme le plus profond. Je passe à travers les écueils , et je ne crains rien : pourquoi ? c'est que je sais que dans la l)arque de Pierre , il n'y a pour moi ni écueils ni naufrages à craindre.
Ce n'est pas là sans doute , Seigneur , une de .vos moindres faveurs. Que dis-je ! et ne puis- je pas avancer que cet esprit docile et soumis est le premier caractère de vos élus ? Quand j'aurois tous les autres signes qui les font connoître , si je n'avois pas ce caractère essentiel, toutes mes espérances seroient renversées. Mais, mon Dieu, si d'autres me manquent , ah î du moins j'ai celui-ci, et vous ne permettrez pas que jamais je iVienne à le perdre. De cette sorte, quelque peu de bien que je fasse, je le ferai avec confiance, parce je le ferai dans votre église. Hors de là que ferois-je sur quoi je puisse compter? car une ^•vérité capitale et un principe incontestable dans
d'une AME FIDÈLE. 8J>
U religion , c'est qu'il n'y a point de salut hors àe l'ëglise. Vous nous l'avez ainsi déclaré vous-» même dans votre évangile , et dans les termes les plus exprès , lorsque vous nous avez donné pour maxime de regarder comme un puMicain , et comme un païen , quiconque n'est pas uni à l'église , et ne lui rend pas le devoir d'une obéissance filiale. Or, puisque hors de l'église il n'y a point de salut , il doit s'ensuivre que tout le hien qui ne se fait pas dans sa communion 5 n'est qu'un bien apparent ; que toutes les vertus qui se pratiquent 5 ne sont que des vertus vides et sans mérite par rapport à l'éternité j qu'on n'est rien devant vous ^ et que rien ne profite pour s'avancer dans votre royaume* Tellement que séparé de l'église , en vain je ferois des miracles , en vain je transporterois les montagnes, je prédirois l'avenir, je répandrois tout ce que je possède en aumônes, je livrerois mon corps à la mort. Avec tout cela je ne pourrois être qu'un anathème, et je serois immanquablement rejeté , parce que , selon votre témoignage même , je n'entrerois pas par la porte et que je ne serois pas de vos brebis.
Je veux donc. Seigneur, comme le prophète, je veux confesser votre saint nom : mais je le veux confesser dans votre église. Je veux publier vos grandeurs, et célébrer vos louanges ; mais je les veux célébrer dans votre église^ Je Confuchor