‹ Pensées... de religion et de moraleChapitre 16 sur 88 · NEUTRALITÉ DANS LES · texte numérisé non relu

NEUTRALITÉ DANS LES

VOUS les pesiez mûrement , el que vous les com-» preniez 5 afin de vous détromper sur un point d'une tout autre importance que vous ne l'avez conçu jusqu'à présent. Reprenons tous les principes, ou plutôt tous les prétextes que je viens de marquer. J'ose dire qu'il n'y en a pas un dont vous ne reconnoissiez d'abord l'illusion et le désordre, si ,voxis y faites l'attention convenable.

L Est-ce ignorance ? Il est vrai : n'étant pas assez éclairé pour approfondir les sujets qui de part et d'autre sont controversés, et ne pouvant connoître par vous-même, entre les divers senti-^ mens , quel est le mieux fondé et le plus conforme à la saine doctrine, vous seriez excusable de ne vous attacher à aucun , et de demeurer dans l'incertitude, si c'étoit par vos propres lumières que vous dussiez vous déterminer. Mais vous avez line autre règle qui vous doit su{Fire , et qui vous ôte toute excuse , parce qu'elle supplée parfaitement à l'ignorance où vous pouvez être. Règle générale ; règle commune aux esprits les plus gros-siers, comme aux plus pénétrans et aux plus subtils ; règle visible et qui tombe sous les sens ; règle qui ne vous peut tromper , et dont vous êtes obligé de reconnoître la supériorité, l'autorité,^ l'infaillibilité sur tout ce qui a rapport à votre croyance. Cette règle, c'est la décision de l'église. Dès là que l'église a parlé ; dés-là que le souverain pontife et les premiers pasteurs qui la conduisent, se sont fait entendre, il ne vous en faut pas davantage pour vous fixer ^ et si vous restez

CONTESTATIONS DE l'ÉGLISE. 89

volontairement et opiniâtrement dans votre doute y vous êtes dès lors coupable, parce que vous ne vous soumettez pas à Fëglise.

Prenez donc bien garde à ce qu'on vous demande, et à ce qui est pour vous d'une obligation indispensable. On ne vous demande pas que vous examiniez en théologien les questions sur lesquelles on dispute. On ne vous demande pas que vous en fassiez une étude expresse , ni que vous en ayez une claire connoissance. Cette étude ^ cette connoissance ne vous sont point nécessaires : mais c'est assez que vous sachiez que l'église a défini telle chose, et que vous devez; adhérer d'esprit, de cœur, de vive voix à tout ce qu'elle a défini. Votre science sur les matières présentes ^ et dans la situation où vous êtes, ne doit point aller plus loin. Croyez, agissez selon cette créance, et vous croirez, vous agirez en catholique.

Ainsi il est inutile de dire : je ne sais rien, et je ne suis pas d'un état et d'une profession à faire là-dessus de longues et sérieuses recherches ; j'ai d'autres afFaires. On veut que je condamne cet ouvrage , et je ne l'ai jamais lu. On veut que je rejette cette doctrine, et je ne l'entends pas* C'est aux savans et aux docteurs à produire leurs pensées y et à s'expliquer : mais cela me passe , et m'appartient-il de m'ingérer en ce qui n'est point de. mon ressort? Non, encore une fois, îl ne vous appartient pas de vous engager en de curieux examens , ni d'entreprendre de démêler la vérité au travers des nuages dont on l'enveloppe, et dont on tâche de l'obscurcir j il ne vous ap-

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