SUR L^ JUGEMENT UNIVERSEL
Cujus ventilabrum in manu sua ^ et peimi^indahit aretim suam.
Il a le van en maîn^ et il nettoiera son aire. Matthieu ^ t?. 3. 12*
Dans cette figure, qui ne reconnoît Jésus-Christ envoyé du ciel, non plus pour sauver le monde, mais pour le Juger? Comme, au temps de la moisson, le laboureur prend le van dans les mains , et nettoie son aire, il viendra, ce juge des vivans et des morts , armé du glaive de sa justice , pour faire le discernement des justes et des pécheurs, et pour rendre à chacun ce qui lui appartient. Jugement universel , où cet homme-Dieu prési-» dera lui-même , et en personne : pourquoi ? par trois raisons : afin que ce jugement soit plus sensible, c'est la première; afin que ce jugement soit plus irréprochable, c'est la seconde; afin que ce jugement soit plus rigoureux, c'est la troisième : et voilà le sujet des trois points.
Premier point. Jugement par Jésus- Christ , afin que ce soit un jugement plus sensible. Développons eette première pensée. C'est un mystère de notre
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religion j que ce qui nous est déclaré en termes exprès dans l'évangile , au sujet du jugement Joan 5. 22. général 5 savoir ^ que le Père céleste ^ tout père et tout Dieu qu'il est, ne juge personne ^ mais qu^il a donné à son Fils toute la puissance de juger. Et ce qui paroît encore plus surprenant, c'est ce que l'évangile ajoute , que le Père a donné Ih 37. cette puissance à son Fils, non pas absolument et précisément parce qu^il est son fils ^ mais parce quHl est fils de l^ homme. Mystère qui ne nous est pas tellement révélé par la foi , qu'il ne se trouve en même temps fondé sur une très^^ importante raison. Car il est vrai, c'est à Dieu qu'il appartient de juger souverainement : mais comme a fort bien remarqué saint Augustin , Dieu demeurant dans la forme et dans la nature de Dieu 5 étoit trop élevé au-dessus de nous , trop éloigné de notre vue et de nos sens, pour entreprendre d'exercer lui-même, à notre égard, un jugement public et réglé . Il a fallu qu'il s'humanisât y et, si je l'ose dire, qu'il se proportionnât à nous; c'est-à-dire, il a fallu qu'il se fît homme, afin qu'ayant à juger des hommes, il pût se montrer sensiblement à eux, et se faire entendre. Voilà ce qu'exprimoit admirablement le saint patriarche Job, lorsque parlant à Dieu dans l'excès de sa douleur et dans l'amertume de son âme , il lui Jol, 10. 2.' disoit : Seigneur ^ ne me condamnez pas ; quelque coupable que je sois, ne me poursuivez pas dans la rigueur de votre justice ; mais suspendez-en les arrêts ; et s'il est nécesaire , pour m'en défendre , cfue je me prévale de ma foiblesse, en vous opposant