SUR LA DAMNATION ÉTERNELLE
P aléas autem comhuret igni inextinguihili^ Pour la paille , il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint point. Maffh* c. 3. 12,
Je vous l'ai annoncé ^ pécheurs ^ et je viens encore ici vous le faire entendre : autant que notre Dieu est riche en miséricorde ^ et libéral dans ses récompenses; autant est-il sévère dans ses arrêts ^ et redoutable dans ses châtimens. Il ramasse le bon grain pour le conserver; mais il rejette la paille pour la brûler. Il appelle à lui ses élus, et les couronne dans son royaume; mais il sépare de lui ses ennemis, et les précipite, loin de sa présence , dans un lieu de tourmens. Que disje! jusque dans ce lieu de torture, et au même temps qu'il les réprouve, il leur est toujours présent : et pourquoi? pour leur feire sentir toute la pesanteur de son bras, et pour déployer sur em: toute la rigueur de sa justice. Car, sans donner dans aucune contradiction, ni que ces deux points se détruisent l'un l'autre, voici, selon l'idée que j'en conçois, en quoi je fais consister le terrible mystère de la damnation éternelle. Je dis que c'est
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tout ensemble, et dans une éternelle séparation de Dieu, et dans une présence éternelle de Dieu. Prenez garde. Dieu , comme Dieu et souverain bien , séparé pour jamais du réprouvé : premier point. Dieu, comme vengeur et souverain Juge, présent pour jamais au réprouvé : second point. Deux articles importans que nous avons à développer ; et deux grands sujets de nos réflexions et de notre crainte.
Prebïier point. Dieu , comme Dieu et souverain bien, séparé pour jamais du réprouvé. Afin de ftiieux comprendre le malbeur de cette fatale séparation, il faut d'abord supposer que Dieu^ comme Dieu , étant le souverain Etre , il est aussi le souverain bien. Non~seulement souverain bien en luimême et pour lui-même , mais le souverain bien de riiomme et sa fin dernière. Il faut encore poser pour principe incontestable, que de vouloir être heureux 5 c'est un désir si nattirel à l'homme, une inclination si nécessaire, que rien ne peut Farradier de son coeur. D'où suit enfin une troisième .vérité, que dans tous ses sentimeris^ dans toutes ses démarcliës, l'homme, par uïïe pente née avec lui et dont il n'est pas en pouvoir d'arrêter l'impression, tend sans cesse vers Dieu: comment cela? parce que saps cesse il tend vers son propre bien et son bonheur, et que Dieu seul est ce bien dont il ne peut se passer, et ce souverain bonheur qu'il cherche. Car, comme disoit à Dieu saint Augustin: Seigneur j c^est pour vous que vous nous avez faits ^ et ce n'est que pour vous ; et tant