‹ Pensées... de religion et de moraleChapitre 46 sur 88 · ÉTERNELLE · texte numérisé non relu

ÉTERNELLE

redoubler i'horpeur de l'affreuse prison où il les a rassemblés , y répand ces épaisses ténèbres , que ce feu 5 privé lui-même de toute lumière , ne peut percer ni éclairer. C'est lui qui ^ non content de cette peine du feu, quelque extrême qu'elle puisse être 5 y joint de plus ce ver intérieur , ce ver de la conscience , qui de sa pointe pique sans relâche le cœur du réprouvé, et le ronge impitoyablement sans le consumer 5 ce ver qui ne meurt Mare, 9. point ^ parce que le péché d'où il naît, ne s'efface point , et que la mémoire ne s'en perd point.

Demeurons-en là, et ne nous engageons pas plus avant dans un détail que nous ne pourrions épuiser. Ne descendons point à des particularités qui ne nous sont pas assez connues pour les bien exprimer ; mais arrêtons-nous à ces idées générales : que c'est Dieu alors qui punit en Dieu ; que c'est Dieu qui se satisfait par un châtiment digne de sa majesté lésée et offensée ; que c'est Dieu qui, sans compassion, sans nul sentiment d'amour, décharge toute sa haine sur une âme criminelle* Elle est dans ses mains; et qui pourra la dérober à ses coups ? Où ira-t-elle pour le fuir ? Et , puisqu'il la suit jusque dans le fond de l'abîme, où il la tient captive et asservie, quand, malgré lui , sera-t-elle en état d'en sortir ? Je dis malgré lui : car jamais il ne le voudra; jamais, dis-ja, il ne voudra qu'elle sorte de cet abîme de misère j jamais il ne le permettra , et c'est un point capital de notre foi. Il veut maintenant que par nos soins, aidés de sa grâce ^ nous nous préservions de cette éternelle réprobation. H nous fournit poux cela T. IL i8

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