‹ Pensées... de religion et de moraleChapitre 50 sur 88 · SUR LE DÉLAI · texte numérisé non relu

SUR LE DÉLAI

le poids de la foiblesse humaine , vous tombez quelquefois, si vous péchezj ne permettez pas au péché d'affermir son empire dans vous et sur vous , par une possession paisible et habituelle. Leçon d'une conséquence infinie. Leçon dont nous ne comprendrons jamais mieux la nécessité, que lorsque nous comprendrons toute la malignité d'une criminelle habitude. Le péché est un mal , et le souverain mal ; mais au-dessus de ce mal, tout extrême qu'il est, on peut dire qu'il y a quelque chose encore de plus pernicieux et de plus à craindre : et quoi? c'est l'habitude dans le péché. Il n'y a qu'à consulter sur ce point de morale les pères de l'église, et les maîtres de la vie chrétienne. Il n'y a qu'à voir avec quelle force et en quels termes ils s'en expliquent. Mais allons plus loin : car peut-être dira-t-on, que si, par le délai de la pénitence, l'habitude s'est formée , on n'est pas après tout sans ressource, et que désormais, n'apportant plus à sa conversion de nouveux retardemens, on peut, par un vrai retour à Dieu, réparer le passé, et sanctifier le reste de ses années. Espérance dont on se flatte ; mais espérance que doit pleinement détruire une seconde proposition, qui va faire le sujet du second point.

Second POîNT. L'habitude du péché entretient jusqu'à la mort le délai de la pénitence, et par là conduit à l'impénilence finale. N'exagérons rien, et, pour nous renfermer dans les bornes de la vérité la plus exacte, convenons d'abord du sens de cette proposition^ et mettons-y tous les tempe-

ramens et toutes les modifications convenables. Ce n'est point une règle universelle ni absolue. Ce n'est point à dire que l'habitude soit à la pénitence du pécheur un obstacle insurmontable, ni qu'elle le détermine tellement à persévérer dans son péché 5 qu'il ne lui soit plus libre d'en sortir. Ce n'est point à dire même que de temps en temps on n'ait vu, et qu'on ne voie encore, un petit nombre de pécheurs, que la grâce enfin, par un dernier effort, semble arracher à riniquité, et en qui elle triomphe de mille résistances et des retardemens les plus opiniâtres. Voilà, pour ne donner dans aucune extrémité , ce que nous sommes obligés de reconnoître. Mais du reste il n'en est pas moins vrai, que si le retour d'un pécheur d'habitude n'est pas impossible , il est toujours d'une difiiculté extrême ; et en voici la preuve convaincante. Car si le pécheur , n'ayant point encore l'oKstacle de l'habitude à surmonter, et avant qu'elle se soit fortifiée, n'a pas eu néanmoins le courage de rompre ses liens, et d'entrer dans les voies de la pénitence, que sera-ce quand, aux autres obstacles qui l'ont arrêté, celui-ci se trouvera joint? Que sera-<îe, dis-je, quand il aura laissé le vice s'enraciner dans son âme ; quand il se sera attaché plus étroitement que jamais au péché; qu'il se sera, pour ainsi dire, vendu au péché, asservi au péché, naturalisé avec le péché; quand, par la force et l'impression de l'habitude, il aura presque perdu tout le remords du péché ^ et que ce ne lui sera plus une charge sur sa conscience, ni un sujet d'inquiétude ?

^8a STJR LE DÉLAi ?

De là remises sur remises , et retardém^ns mt retardemens. Ce n'est pas, comme je Tai déjà observ€ 5 qu'on rejette tout à fait la pénitence , et qu'on prétende ne quitter jamais son péché. H n'y a qu'un petit nombre d'impies qui s'abandonnent à ce désespoir o Mais tandis qu'on se flatte,, qu'on se promet de retourner quelque jour à Dieu, parce qu'on en Yoit Tindispensable nécessité dans la pratique et quaijt à l'exécution , on ne Yéut jamais se persuader que ce jour soit venu, et,, selon que saint Augustin le témoigne de lui-même,

■^^f* on dit toujours. Demain^ demain; tantôt^ tantôt*^ encore un peu^ encore un peu. Voilà par où tant de pécheurs , esclaye^ de l'habitude , vieillissent dans leurs désordres ; et n'en avons-nous pas mille exemples devant les yeux? Cependant les années passent , la mort arrive , une dernière maladie se déclare , et alors même le malade oroit tou-^ jours pouvoir remettre. Si , dans les premières atteintes du mal , on l'avertit de penser à lui, que

haie, 28. répond-il? ;Attendons. Si, dans le cours du mal qui augmente , on le presse de nouveau , même^ réponse : Attendons encore. Enfin, à force d'at^ tendre , ou tout à coup il est surpris par une subite révolution qui l'enlève ; ou , dans une extrémité qui lui ôte presque toute connoissance , tout sentiment, il ne fait qu'une pénitence imparfaite, qu'une pénitence précipitée et forcée. Tout cela veut dire qu'après avoir vécu dans Fimpénitence , il meurt impénitent.

Rem., î3 SI. Concluons avec l'apôtre : J^oici V heure de nom répeilUr de notre sommeil ^ voici le temps fa-*

DE LA PÉNITENCE. îûSl

Vôrablé s voici les jours de salut : ne les perdons pas 5 et hâtons-nous. Car ces jours de salut , ce temps ) cette heure favorable que nous avons présentement 3 nous ne les aurons pas toujours. Us is'écoulent, et nous ne savons quand ils reviendront. Que dis- je ! et savons-nous même si jamais ils reviendront ? Peut-être nous persuadons-nous qu'une pénitence différée cause moins de peine^ et qu'avec le temps elle devient plus aisée. Mais c'est une erreur, et la plus trompeuse de toutes les illusions- Tout le reste , il est vrai , s'affoiblit avec l'âge : le tempérament s'altère , les forces du corps diminuent, les lumières même de la raison s'obscurcissent ; mais les passions du cœur ; mais les habitudes vicieuses prennent toujours de nouveaux acçroissemens. Le temps serre les nœuds et les endurcit • les années donnent à la passion et à l'habitude plus d'ascendapt; et, dans un âge avancé, nojî-seulement on se trouve tel que l'on étoit dans une première jeunesse, mais c'est alors qu'on sent les funestes progrès du vice ^ et qu'on se voit presque hors d'état de l'attaquer et de le vaincre. De là cette maxime générale de rémedier aux plus petits maux, et de bonne heure , afin d'en arrêter de plus grands, où l'on se laisseroit entraîner. Maxime dictée par la sagesse humaine, et appliquée à toute la conduite de la vie, en quelque conjoncture, et sur quelque sujet que ce soit. Mais à plus forte raison, maxime spécialement nécessaire dans la conduite du salut, et dans la pénitence chrétienne. Quoi qu'on en puisse penser et qu'on en puisse dire , vouloir sans ce&se re-

Biettre sa pénitence d'un jour à un autre joui* ^ d'une semaine à une autre semaine ^ d'un mois à un autre mois , c'est en quelque manière vouloir absolument, et pour toujours^ y renoncer. Or 5, y renoncez^-vous en effet? y renoncez-vous pour jamais? Quelle est dans cette assemblée l'âme si endurcie , qu'une telle proposition ne lui fasse pas Ijiorreur ? Voilà néanmoins à quoi Ton s'expose ^ et ce qu'on ne peut trop craindre ^ ni préveni]^ avec trop de soin.

LUNDI-

Jean- Baptiste prêchant une pénitence sincère et sans déguisement,

SERMON

SUR i^A PÉNITENCE DU COEUR.; Rectas facile semitas ejus^

Rendez droites ks Yoiçs du Seigneur. Luc. e* 3. 4-

Ces voies du Seigneur, ce sont , pour les pécheurs, les voies de la pénitence , puisque c'est par la pénitence que nous nous rapprochons de Dieu 5 et que Dieu se rapproclie de nous. Il faut que ces voies soient droites , il faut que notre; pénitence soit sincère : car Di^u aime la^ vérité, et rien ne peut lui plaire de tout ce qui n'est qu'extérieur et apparent. C'est donc dans les sentimens du cœur que consiste la vraie pénitence , c'est dans le cœur qix'elle doit naître, et du cceLu:

DU CCffiUR. !^85

qu'elle doit partir. Car, pour prendre la chosè dans son fond , quelle est la nature de la pénifence , ou quelle en est la fonction la plus essentielle ? c'est de détruire le péché , et de rétablir l'homme , à l'égard de Dieu , dans l'état d'où lô péché Pa fait déchoir. Voici ma pensée, he péché, disent les théologiens 5 consiste dans un mouvement de l'âme . qui se détache de Dieu , et s'attachô aux objets créés; et, par une règle toute contraire , la pénitence doit donc consister dans un retour de l'âme, qui se détache des objets créés, et s'attache à Dieu. Or , l'un et l'autre ne se peuvent faire véritablement et sincèrement que par la péniten€e du cœur. Sans la pénitence du cœur , point de vrai détachement du péché, ou des objets qui ont été lâ matière du péché : premier point. Sans la pénitence du cœur, point de vrai attachement à Dieu , ni par conséquent de réconciliation avec Dieu : second point. Voilà , dans un partage également simple et solide , une des instructions les plus importantes.

Premier point. Sans la pénitence du cœur, point de vrai détachement du péché , ou des objets qui ont été la matière du péché. Ce n'est point par les larmes ni par les gémissemens ; ce n'est point par les vœux, les longues prières, les promesses, les protestations : ce n'est même précisément, ni par la confession de ses offenses, ni par la réparation qu'on en fait au jugement des hommes ; ce n'est point, dis-je, par tout cela qu'on se détache du péché : pourquoi ? parce qu'avec tout cela on

à84 SUR LA PÉNITENCE

peut elicore avoir au péché une attaclie secrète et criiïîinelle. En effet , tout cela peut subsister et se trouver dans un pécheur , sans que le cœu!" y ait aucune part , ou sans qu'il y ait la part qu'il y doit avoir. Les Juifs s'humilioient ^ se prosternoient contre terre j se couvroient la tête de cendres 5 déchiroient leurs habits en signe de pénitence ; mais le prophète leur reprochoit , qu'en déchirant leurs habits ^ ils ne déchiroient ni ne brisoient pas leurs cœurs. Or , dès que le cœur n'entre point dans ces démonstrations extérieures^ elles ne peuvent opérer un vrai détachement du péché : la raison en est aisée à comprendre. Car qu'est-ce que se détacher du péché ? c'est renoncer au péché , c'est détester le péché , c'est prendre une sainte résolution de quitter le péché et de ne le plus commettre. Or , renoncer de la sorte p détester , résoudre ^ ce sont des opérations du cœur. Par conséquent , si le cœur n'agit ^ il n'y a ni vrai renoncement , ni vraie détestation , ni vraie résolution ^ et, par une même conséquence , point de vrai détachement du péché.

Mais 9 dira-t-on, le prêtre néanmoins, comme ministre de la pénitence , sans autres preuves que la parole du pécheur, que son accusation, sa confession , les larmes et les témoignages ordinaires de repentir, lui confère le bienfait de l'absolution. J'en conviens; et en cela il s'acquitte de son devoir, bien loin d'être repréhensible. Car , ne pouvant lire immédiatement dans le cœur , pour en connoître la véritable disposition , il est obligé de 3'en tenir à certains dehors j et de former là-dessus

son jugement. Ces dehors, naturellement et par eux-mêmes, sont les signes visibles du détachement intérieur. Ce ne sont que des apparences, je le sais : mais, dès que le ministre a pris toutes les mesures convenables pour en bien juger ; dès qu'il a fait tout l'examen nécessaire , et qu'il a employé toutes les lumières de la prudence évangelique ; alors , s'il se trompe , il n'est point responsable de son erreur. Elle ne lui peut être imputée , et le seul pénitent en doit rendre compte à Dieu. Car , sous l'extérieur le plus apparent , Dieu sonde le cœur ; et parce que souvent il arrive que, sous le voile le plus spécieux, le détachement du cœur n'est pas tel qu'il doit être^ que sert au pécheur l'absolution qu'il a reçue , ou qu'il a cru recevoir ? à le charger devaût Dieu d'un nouveau crime , et à lui attirer de la part de Dieu un nouvel anathème. Terrible vérité pour tant de mondains et des mondaines qui , par je ne sais quelle bienséance , viennent à certains jours de l'année se présenter au saint tribunal ! Sontils vraiment touchés ? Sont-ils dans le cœur vraiment détachés de leurs péchés ? Prennent-ils les moyens de l'être? et y font-ils toute l'attention qu'il faut ? Se détache-t-on sans violence , sans réflexion, sans une ferme détermination? et cette violence, cette réflexion, cette détermination ferme et inébranlable, est-ce le fruit d'une revue courte et superficielle ; d'une confession faite légèrement et à la hâte ; de quelques prières récitées par mémoire 5 et prononcées avec indifférence ; de quelques propositions ou de quelques velléités qui n'ear

gagent à rien de particulier , ni ne décident rien? Sous cet appareil trompeur , la plaie reste toujours dans l'âme • et , si Ton a jeté sur le feu quelques cendres pour le couvrir , il est toujours dans le cœur aussi ardent que jamais. La suite le montre bien ; et , dès la première occasion , on n'éprouve que trop combien Ton tenoit encore au péché 5 et combien peu il avoit perdu de son empire.

Mais vérité sur-tout terrible pour tant de mourans. Ils font assez entendre de soupirs et de regrets. On voit la tristesse répandue sur leur visage ; on lit dans leurs yeux le trouble qui les agite , et la frayeur dont ils sont saisis. Ils réclament la miséricorde du Seigneur. Ils déplorent amèrement la perte et le mauvais emploi qu'ils ont fait de leurs années. Mais de savoir s'ils sont pour cela pleinement dégagés des liens du péché , il n'y a que vous, mon Dieu, qui le puissiez connoître, puisqu'il n'y a que vous qui puissiez démêler les replis du cœur y et en découvrir les sentimens. Ce que nous savons , c'est que ^ malgré toutes ces marques de repentir , la pénitence de la plupart des pécheurs à la mort a toujours paru suspecte aux pères de l'église 5 et aux maîtres de la morale chrétienne : pourquoi ? parce qu'ils ont toujours craint que ce ne fût pas une pénitence du cœur , c'est-à-dire , une pénitence où le cœur se fût détaché réellement et sincèrement du péché.

Second point. Sans la pénitence du cœur , point de vrai attachement à Dieu ^ ni par conséquent de

réconciliation avec Dieu. Je Tai dit, et c'est un principe universellement reconnu , que la pénitence 5 en nous détachant du péché , doit en raême temps nous rapprocher de Dieu. Telle est la doctrine expresse de saint Augustin , lorsqu'il nous enseigne que la pénitence est renfermée en deux mouvemens tout contraires , Fun de haine, l'autre d'amour; de haine par rapport au péché, et d'amour à l'égard de Dieu : de haine ^ voilà le détachement du péché; et d'amour, voilà l'attachement à Dieu. Je n'examine point quel doit être le degré de cet amour : il me suffit que sans quelque amour , ou parfait ou commencé , il n'y a point de pénitence recevahle au tribunal de Dieu. Or , qui ne sait pas que c'est le cœur qui aime, le cœur qui s'affectionne, le cœur qui s'attache ; et de là qui ne conclut pas que, de la part du pécheur pénitent, il ne peut donc j avoir de véritable attachemeut à Dieu que par la pénitence du cœur? Faisons du reste tout ce qui nous peut venir à l'esprit de plus généreux , de plus héroïque et de plus grand : sacrifions nos biens, mortifions notre chair, verrons notre sang, donnons notre vie; tout cela, sans l'action du cœur, n'est point s'attacher à Dieu ni aimer Dieu, et, par une suite évidente, tout cela n'est point conversion à Dieu ni pénitence. Qu'est-ce donc? c'est, pour user des expressions figurées de l'apôtre , courir en vain , et battre Tair inutilement. C'est pour cela même aussi que Dieu, par la bouche des prophètes, rappelant le^ pécheurs et les invitant à la pénitence, ne leur recommandoit , à ce qu'il paxoit ^ rien autre chose^ T. IL 19

que de revenir à lui de cœur ^ de rentrer dans le cœur , de se faire un cœur nouveau ; parce que ^ n'étant point à lui de cœur , c'étoit n'y point être du tout.

Vérité que le roi prophète avait bien comprise^ lorsque reconnoissant les désordres où la passion Favoit conduit , et voulant en obtenir de Dieu Ite pardon ^ il lui disoit : Si , pour vous appaiser et pour me réunir à vous ^ vous demandiez ^ Seigneur 5 des victimes , j'en aurois assez à vous offrir: mais que seroit-ce pour un Dieu que le sang des animaux? et quelle estime feriez-vous de tous les Ps. 5o, 19, holocaustes? Le grand sacrifice qui doit vous plaire, ô mon Dieu ! poursuivoit ce roi pénitent , c'est celui de mon cœur. Sans cette offrande toutes les autres ne vous peuvent être agréables : mais un. cœur contrit et humilié devant vous , mais un cœur qui se tourne vers vous 5 qui se donne à vous ; voilà ce que vous n'avez jamais méprisé^ et ce que jamais vous ne mépriserez.

Non 5 il ne le méprise point; et, que dis-je ! il en est même jaloux , et tellement jaloux , qu'il daigne bien , selon le témoignage de l'écriture , se tenir lui-même à la porte de notre cœur ^ pour îious en demander l'entrée et la possession. Il ne le méprisa point , ce cœur contrit , quand ^ touché de la pénitence de Manassès ^ il lui pardonna toutes ses impiétés , et le rétablit dans tous ses droits. Il ne le méprisa point , quand il remit à Magdeleine tous ses péchés , parce qu'elle avoit beaucoup aimé ; c'est-à-dire , parce qu'ayant détaché son coeur de tous les engagemens du monde^,

elle le luî avoit dévoué désormais , et sans réserve. Il ne Pa point méprisé en tant d'autres 5 et il ne le méprisera point dans nous.

Que de raisons nous engagent à lui faire ce sacrifice ! et que de puissans motifs doivent nous exciter à cette pénitence du cœur ! Après nous être séparés d\in Maître si bon et si digne d'un attachement éternel , retournons à lui ^ non point dans, un esprit de servitude , ni par une crainte basse et iaute naturelle ; mais dans un esprit de confiance, d'espérance , d'amour. Si donc en ce saint temps , il nous fait entendre sa voix , n'endurcissons point nos cœurs ; mais ouvrons-les à sa grâce, qui nous est communiquée pour les amollir et pour les rendre sensibles. A quoi le feront-ils , s'ils ne le font pas à l'offense du souverain Auteur qui les a formés, et qui ne les a formés que poux lui?

tr. IL

2gO suit LA FAUSSE CONFIANCE

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MARDI

Jean- Baptiste 'prêchant une pénitence humble et sans présomption.

SERMON

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