SUR LA FRÉQUENTE CONFESSION
Saptizabantur ah eo in Jordane y confitenfes peccatcc sua»
Ils reçoivent de lui le baptême dans le Jourdain^ en confessaijt leurs péchés» 3Iatth, c. 3. 6.
Cette confession que faisoient les peuples , en recevant le baptême de Jean-Baptiste, c'étoit une confession publique ; mais la confession que nous^ faisons au saint tribunal de la pénitence , est une confession particulière et secrète. Le pécheur , touché de Dieu , va se prosterner aux pieds du ministre de Jésus-Christ ^ et servir de témoin contre
CONFESSION. ÔQO
lui-même j en déclarant ses péclie's et s'en accusant. Confession dont je nô viens pas seulement vous Recommander l'usage , mais le fréquent usage : l'un est de précepte , l'autre de conseil. De confesser aux prêtres nos péchés^ du moins une fois dans le cours de chaque année, c'est çe que l'église nous a expressément ordonné ; et voilà le précepte ; mais de n'en pas demeurer là, et d'aller souvent se laver à cette sainte piscine , où sont renfermées les eaux de la grâce , et d'où elles nous sont communiquées par de salutaires effusions , c'est à quoi Féglise , sans nous en faire une loi , se contente de nous inviter; et voilà le conseil. Or, j'entreprends ici de vous représenter les avantages infinis de cette importante pratique. Je veux vous montrer de quelle conséquence et de quelle utilité nous doit être à tous l'exercice de la fréquente confession. Ge n'est pas un commandement; j'en conviens : mais il y a des pratiques qui , sans être spécialement commandées, ont du reste une telle vertu 5 et peuvent tellement contribuer à l'affaire de notre salut , et à notre avancement dans les voiesMe la sainteté chrétienne, que nous sommes inexcusables de les négliger. Ainsi , distinguant dans le christianisme deux états qui le partagent , je prétends vous faire voir l'importance de la fréquente confession, et par rapport aux pécheurs, ce sera le premier point; et par rapport aux justes, ce sera le second. Le Seigneur est proche : ap-prenons à lui préparer nos âmes et à les sanctifier, pour participer, avec le plus d'abondance que nous pourrons , à la grâce qu'il vient apporter au monde.