HUBERT
Aucune y seigneur? n*estx;e pas vousmême qui me Favez ordonné? Voici mes garans : reconnaissez-vous votre seing et votre sceau?
JEAN
Oh I quand au dernier jugement, il faudra que la terre rende compte au
ciel^ cette signature et ce sceau déposen>nt contre nous et feront notre condamnation. Mais coa\}>ien de fœs nous excite au crime la seule vue des moyens de le commettre ! Si tu n'avais pas ëté prés de moi , si tu n'avais pas offert à mes yeux les traits d'un misérable que la nature semblait avoir choisi^ mar-.
quë^ désigné potur un instrument de.
forfaits > jamais l'idée de cet assassinat ne fût entrée dans, mon âme. Mais en remarquant ton. visage odieux^ en te voyant né et fait pour exécuter des ordres de sang et d'infamie , propre enfin à être employé dans des occasions suspectes etjèa6|ereuses^ je n'ai fait qu'articuler devant toi , k demi-voix^ quelques, mots 'juterrompus sur la mort d'Arthur^ et toi ^ pour gagner. la fa-, veur d'un^roi, tu cours sans. scrupule massacrer, un prince.
HUBERT étonné.
Seigneur... • «
JEAN
Si tu ayaîs seulement secoue la téte^ $i tu ayab gardé un moment le ;silence qi^and je te parlais à mots couyerts de mes desseins^ si tu ayais fixe sur moi un regard de doute et d'embarras^ ou si tu m*ayais dit d'exprimer ma pensée en termes clairs^ la honte m'eût rendu muet; elle m'eût arrêté tout court y et les alarmes que tu m^atirais montrées m'en auraient inspiré. Mais tu ne ni'a^ entendu que par signes ^ et ce n'est que par signes que tu as négocié le crime ayec moi. Oui , tu as laissé ton cœur consentir à tout sans hésïiter , et tout de suite ta main féroce court commetU'e VaSrepx forfait que ma bouche n'a ja-
mais ose nommer. Loin de ma me, ei ne reparais Jamais 4^7liiit moi* '
ÂrmeaHvoiïS coaire vos autres ennemisj jey^b faire la paix avec votre coQfr* ciexice et nvec vous. Arthur est virant.
Cette main est encore pure et innocente. Le sang ne Ta point souillëCé Jamais encore nVst entré dans ce cœurle trouble horrible qu'excite le remords d'un meurtre. Vous avez calomnie la nature dans ma physionomie. Quoique sombre et dure à l'extérieur, elle voile une âme trop belle > pour que je puisse être le bourreau d*un enfant innocent, (i)
(^ActelV, scène 5.)
(i) Coucy, dans AdeUuàe DuguescUity et Ali-
hoxLTg dam Eiipkrosine\ tiean«iit U mèma conduite ^'Hubert.
Home fiût anssi des réflexions semblables à celles que Sbi^peare a mises dans U boucbe du Toi Jean^ «n racontant le'meortre de saint Tbanas de Cantorbéry, sous le règne de Henri II.
Henry IV au prince royal ( de^
puis Henry F^^ qui as^ait pris
* la couronne sur là tête de son
père, qu'il aidait déjà cru mort,
et qui n'était qu'en léthargie.
u Ës^tu donc si aflamë de mon trdne^ si impatient de le voir vacant > que tû ne puisses t*empéclieir de t'inyestir de mes honneurs y ayatit que ton heure Ië« gitime soit arrivée! O folle jeunesse; tu ^ aspires à la royauté , et son poids t'accablera*. Attends encore un moment > mon fils; le nuage de mes grandeurs n'est plus soutenu que par un souffle si faible 9 ^u'il ne tardera pas à tomber et à s'évanouir y le jour est près de s'éteindre pour moi. Tu m*as ravi honteusement une couronne qui , , avec quelques heures encore de patiynce> deve-
nait la tienne sans reprocbe et sans crime. Quoi! ne peiix«*tu me laifiaer vivre encore une demi*- heure 7 Eh bien^ pan^ et va crenser toi** même mon tombeau; commande aux cloches des sons d'all^esse^ qui annonoeut à ton oreille flattée que tu es couronne et que je suis mort. Hâte-toi de m*ensevelir dans une poussière obscure et ou- Uiëe; hité-toi de livrer aux vers le corps qui t*a donne la vie. Ârracbe àts leurs places mes officiers , eiKotco m»
décrets; car le temps est venu oà l'on peut insulter aux lois et se moquer de toutes les règles : Henri V est couronné.
Éveille-toi^ folie; disparais/royale gran* dc«yr; fu jez, vous tous sagei conseilla^ etc. ( ^c/e tf^ , scène 5. )
Imprécations de Marguetite^An-
• jou à EMsnhetk Grajj 'veuvè
if Edouard IVy qv!eHe seféh-
cite d&'voir aussi malheureuse
qvteïle.
MAKGtmRÎTÎS ifxsfSOV*
Tm n'eft plu$ qu'uil bat briUani«itpofté à toi» les tmits du-tnaltietur... 04 «gt ton ^u£ maimeiiaiit 7 au sont %t$ frères, où «»t tes daur eufans? qui ^iem t« F'«^ ^ gMcmx et t^ dwe i />i5U cona«rv^ M mVia? où «Mat oes graïids re^pectueutc qui té flaualetit? oà «st ce peuffteea foulé qui suivait tes pafs? Renonce à tou^ e&, appareil brillant^ 01 vais ce que tn es aujourd'hui. Au lieu d'une épouse bcuréuse, une veuve dé^-
solëe \ dVne mère joyeuse et triomphante^ une femme qui en déplore le nom j d'une reine suppliée , une hun^ble suppliante; au lieu d'une souveraine^ une malheureuse captive couronnée de maux et de misères; au lieu d*une femme qui me méprisait ^ une femme méprisée de moi. Redoutée autrefois de tous ^ tu redoutes un homme; tu commandais à tous> et pas. un qui t'obéisse. Cest ainsi que la roue de la justice a fait sa révolution. Tu usurpas ma place 9 et maintenant ta misère prekid une part de la mienne* Ton cou ;Snperbe porte la moitié du joug de mes douleurs) et moi dégageant ici ma tête faUguée de le porter> et allégée par la vengeance j f en rejette le poids tont entier sur toi; Âdien, épouse d*York!
rdne de douleur et de cruautés!
LA BZINB ELISABETH.
O toi , si habile en imprécations^ arrête encore un moment^ et apprendsmoi k maudire mes ennemis.
(Richard III, acfk'l/^j se. i2,)
Dîscoiirs de Catherine à Henri VIII, dei^ant le tribunal assemblé pour la juger.
« Sire y ]e yous demande de me rendre la justice qui m'est due , et de m'accorder votre pitië^ car je suis une femme bien malheureuse > et une femme élran* gère y née bors du sein de votre ^mj^re^ n*ayautici aucun juge dëantëressë^ ni aucune assurance d'une amitié impartiale et d'un jugement équitable. Hélas!
sire, en quoi vous ai- je offensé? quri motif de mécontentement a pu diront donner ma conduite^ pour que vous procédiez ainsi à me renvoy^er, et que vous me retiriee vos bonnes grâces? Le ciel m'est tépaoin que j'ai été pour vous une épouse fidèle et soumise , toujours prête à me conformer à votre volonté.
i3i toujours eu craiute d*exciter eu vous le moindre déplaisir^ docile même à vôtre disposition extérieure , gaie ou triste^ selon que je vous voyais enclin 4 la joie ou à la mélancolie. Quand est^il jaihais arrivé que j'aie contredit vos désirs y et que je n'eu aie pas fait les miens? Quel est celui de vos amis que je ne ïàe sois pas efforcée d'aimer , même lorsque je savais qu'il était mon ennemi ? Et qui de mes amis a conservé mon affection , lorsqu'il s'était attiré votre colère ^ ou même n'a pas reçu de moi des marques d'éloignemeut? Sire^ rappelez à votre' souvenir que j'ai vécu votre femme pendant plus de Vingt années y et que le ciel m^a accordé la joie de vous donner plusieurs enfans. Si , dans cette longue suite d'années^ vous pouvez citer et prouver quelque chose
qui fioit contraire i iqoii honneur^ k tues sermens^ i Tamour et au respect que je dois i votre personne sacrée, au nom de Dieu^ renyoye2-moi ^ et que le mépris le plus ignominieux ferme la porte sur moi^ et m'abandonne k la justice la plus séyére.
Souffrez ^ue je vous le dise , are : le roi voire père éuit renommé pour un des princes les plus prudens^ d'un esprit et d'un jugement incomparables; Ferdinand^ mon père> roi d'Espagne , passait aussi pour le prince le plus sage qui eût rempli ce trône depuis bien des années; on ne peut pas révoquer en doute qu'ils tt'aient. assemblé autour d'eux un conseil éclairé > choisi dans chaque rojaume ^ qui a discuté cette aâaire , et qui a jugé notre mariage légitime; aiusi je vous conjure humble-
i33 meut^ sAve, de in'cpargner jusquàce que je puisse envoyer eu Espagne consulter mes amis^ dont je vais implorer les conseils»
(HfifRT VIII, ad. IL se. 40
Le cardinal IVolsey apt\^s sa disgrâce , et Thomas Cromivet, qui lui est resté fidèle.
WOLSKT.
Eh bien î Cromwel , que veux-tu me dire?
CROMWEL
Je n ai pas la force de parler^ mylord.