WOLSEY
Eh mais f bien. Jam^ais je n'ai ëié si véritablement heureux > mou cher Cromwel. Je me connais a présent moi7 inéme> et je sens au dedans de moi une paix qui est au-dessus de toutes les dignités de la terre ^ une conscience calme et tranquille. Le roi m*a guéri ; je lui rends d^humbles actions de grâce y et je sens ces épaules^ colonnes ruinées par le temps ^ déchargées par jMtié > d'un fardeau qui aurait abimé Tédifice. Je suis capable maintenant de supporter de plus grands malheurs encore^ et beaucoup plus de maux que mes lâches et timides ennemis n'c^nt m'en faire Mais renonce à moi^ Cromwel^ je ne suis plus qu'un infortuné tombé dans la di^râce 9 et ipdigne à
i36 présent d^étre ton protecteur et tou maitre. Va trouver le roi : je lui ai dit quel bomme tu es^ combien tu es honnête et fidèle ; il t'ayancera. Un resie de souvenir de moi rengagera à ne pas oublier tes services. {Cromwel le remercie avec des pleurs d'attendrissement, qui font aussi couler ceux du cardinal, )
-VrOLSEY.
■ Cromwel, je croyais que je ne répandrais pas une seule larme dans Fexces de mes infortunes;, mais tli m*as forcée parThonnéteré et la tendresse de ton attachement, à sentir la faiblesse d'une femme. Essuyods nos yeux , et écouté encore ces mots, Crom'tvel, ils seront les derniers. Lorsque je serai oublié, comme je vais Tétre, etqii'eu-
,37 dormi sous un marbre froid et insensible f il ne sera plus mention de moi dans le monde ^ dis que je t*ai donne une utile leçon; dis que Wolsey, qui marcba jadis dans les sentiers brillans de la gloire^ qui sonda toutes les profondeurs , tous les ëcueils des dignités^ t'a ouvert , dans son naufrage y un chemin pour t'élever^ une route sûre et infaillible ^ quoiqu'il se soit égare luimême» Rem arque seulement ma chute,
et ce qui a causé ma ruine sois
justes et ne crains rien.... O Cromwel , si j'avais servi mon Dieu seulement avec la moitié du zélé que j'ai mis à servir mon roi, 1 ne m'aurait pas, dan^ ma vieillesse, exposé à la fureur de mes ennemis.
CROMWEL
Cher Wolsey, conservez la patience.
J'en ai aussi...
(HewrtVIII, acte in, scène \o ei dernière.)^
ha reine Catherine^ après son divorce , s' entretenant ai^ec Griffîth, grand-maître de sa maison , de la mort du cardinal TVolsej, qui avait été son plus cruel ennemi.
CATH£RlXf£.
Ne m'as-tu pas dit^ Griffith^ en me conduisant , que cet illustre fils de la fortune et de la faveur, le cardinal Wolsey, était mort?
GRIVFITS.
Oui , madame.
CATHERINE
Je t'en prie, raconte-moî comment il est mort*