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des « Untel », on pourrait inscrire : « Ici on dit du mal de son prochain... »
A cette époque de l'année, les « Untel » habitent leur maison de campagne, près de Paris. C'est dans le jardin qu'ils reçoivent. Tous les jours, à cinq heures, on sertie thé... et les calomnies. On se tient au bout d'une pelouse, sous une chaimille. non loin d'un petit bois où gazouillent les oiseaux. L'heure est douce. Il fait bon. De suaves brises d'été passent sur les rosiers et apportent des parfums sucrés. Cadre exquis pour la bienveillance... Que nenni! Les langues se délient, vont, vont... On habille celuici, on déshabille celle-là... On accueille comme certains les plus invraisemblables racontars... In nouveau visiteur arrive... Trêve de quelques minutes. On parle de choses vagues. On ne dit plus de mal de personne. Que voulezvous?... La conversation tombe, c'est forcé. Mais madame « l ntel » Abeille. D'une voix pointue et indifférente, elle lance un nouveau potin méchant... Aussitôt toutes les têtes penchées se redressent, se tournent de son côté,
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attentives, intéressées, méchamment passionnées... Dame! C'est encore un peu de chair fraîche à manger, n'est-ce pas?
Aujourd'hui, j'en ai eu assez au bout de quelques minutes. .l'ai pris mon chapeau et j'ai été dans le petit bois voisin entendre gazouiller les oiseaux. Peut-être — car on n'est sur de rien ici-bas! — ne disaient-ils pas trop de mal les uns des autres...
A. } . Z. — Les trois « dernières » de l'alphabet. Vieilles dames de profil bizarre et d'origine étrangère. Souffrent dans leur amour-propre et dans leur chair d'être si rarement unies par le mariage aux autres consonnes et aux voyelles; de ne figurer avec elles qu'en quelques vocables brefs et peu usités. Serrées côte à côte, revêches, hargneuses, elles marchent rageusement à l'arrière-garde du « Royal-Alphabet », formant un groupe à part,
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avalant à pleine bouclie la poussière que soulève le pas allègre des autres Lettres, des bonnes grosses Lettres bien françaises, bonnes luronnes qui ne chôment guère, elles, ni de mariages... ni même d'unions libres.
Aussi écoutez-les, ces trois vieilles dames, jaboter entre elles à voix basse, clabauder, jacasser, déchiqueterleurs triomphantes rivales ! Autour de ce trio aigri et cancanier flotte toujours une sorte de susurrement aigu, de sifflement haineux, qui est fait des trois lettres répétées, répétées, répétées sans cesse, les lèvres serrées : X. Y. Z... X. Y. Z... X. Y. Z...