Cette dernière phrase et la citation manquent dans A
sonnes sacrées et inviolables, et pour s'approprier toute la puissance du Peuple ; ils unirent aussi à leur Majesté
10 Impériale la dignité de Souverain Pontife, tant pour dominer sur les choses de la Religion, que pour se rendre de plus en plus inviolables, par la raison que les Pontifes n'étoient ni sujets à aucune punition, ni responsables de leurs actions à personne, soit du Peuple, soit du Sénat (a). Il
15 y a grande apparence que c'étoit aussi afin d'empêcher qu'une charge qui avoit tant de privilèges, ne tombast entre les mains d'aucune personne qui en pust abuser au préjudice de l'Empereur, comme il pouvoit arriver fort naturellement. Cette union subsista assez long-tems
20 après le baptême de Constantin ; mais elle fut enfin supprimée par l'Empereur Gratien. On a veu depuis une semblable union dans l'Empire des Sarrazins, dont le Caliphe étoit tout ensemble Chef de la Religion et de l'Etat. En d'autres Pays c'étoient les Prêtres qui rendoient
25 la justice ; en Egypte, par exemple, et dans la Gaule, où les Druydes avoient toute l'intendance du culte des Dieux, et terminoient tous les différens des particuliers. En d'autres c'étoit à un même Ordre de gens, savoir à la Noblesse, qu'il appartenoit de connoître des affaires de la
30 Religion, et des Charges de la Republique, d'interpréter les Loix sacrées et les profanes ; (c'est le règlement que Thésée fit dans Athènes.) En d'autres enfin, comme dans la Republique de Rome, c'étoit le Sénat, qui sur le raport des Pontifes, des Augures, des Aruspices, etc.,
35 ordonnoit qu'on feroit des Processions, des Sacrifices, des Bouquets sacrez, et le reste. Je vous laisse à penser
(a) Dion Cassius, 1. 2.
21. C. et renouvellée pourtant par quelques-uns de ses successeurs.