‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 19 sur 167 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

mais toutes mes demandes furent rejetées à la pluralité des voix ; ma partie obtint que l'affaire fût renvoyée au Synode. Il se trouva en personne au Synode qui se tint peu de jours après à Ziric-Zée et n'y dit pas un mot de notre procès ; il ne voulut pas même consentir qu'on communiquât les Actes du Consistoire au Synode, quoique le Consistoire eût chargé ses députés de le faire ». (Addit. aux Pensées div., p. 18).

Cependant les affaires de Bayle prirent tout à coup mauvaise tournure : c'est encore son livre des Comètes qui, en cette occasion, servit d'arme contre lui. « Je vous dirai que toutes ces calomnies sont tombées par terre et qu'il n'y a eu que le Livre des Comètes, imprimé il y a près de douze ans, qui ait esté mis en jeu. »

11 expose ces nouvelles difficultés dans une lettre à Mr. Constant :

« J'ai été dans de grands embarras depuis trois ou quatre mois, à cause des machinations de mon Accusateur qui, ayant intéressé le Consistoire Flamand dans sa querelle contre moi, a obtenu que cette Compagnie ferait examiner mon livre des Comètes, etiroit dénoncer aux Bourguemestres, que ce livre est plein de propositions dangereuses et impies, en sorte qu'il n'est nullement de leur devoir de donner pension à un Professeur qui a de tels sentimens. Voilà le biais dont ii se sert, débouté par la nullité et la témérité de ses autres accusations. Il a fallu que j'aye fait des visites, afin d'éclaircir les gens sur les prétendues Hérésies de ce Livre. » (29 juin 1693).

Les Ministres Flamands auxquels il fait allusion ici étaient, à son dire, « opiniâtres, grands ennemis des étrangers, et de la nouvelle Philosophie, et violens et séditieux ». (28 décembre). D'autre part, les poursuites étaient, affirme-t-il, clandestinement menées contre lui par quelques Ministres Hollandais. « Ces Ministres m'en voulaient de longue main parce qu'ils haïssent les Amis et les Patrons que j'ai eus d'abord en cette ville (il fait allusion à M. Paets et au parti républicain) et qu'entêtez d'Aristote qu'ils n'entendent pas, ils ne peuvent pas oùir parler de Des Cartes sans frémir de colère ».

Une triple haine religieuse, philosophique, politique animait donc ses adversaires contre lui. Ils soumirent à l'examen du Consistoire Flamand des Extraits des Pensées sur la Comète « faits par mon accusateur, dit Bayle, avec la plus grande mau-

Page 1