‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 23 sur 167 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

une fois, sur la comparaison de l'Athéisme et du Paganisme. Bayle répondit à ces critiques dans les Nouvelles de la République des Lettres, Février et Mars 1705 et dans la Réponse aux questions d'un Provincial (tome second).

Jaquelot, à son tour, prolongea la controverse dans son Examen de la Tlieologie de M. Bayle, répandue dans son Dictionnaire Critique, dansses Pensées sur les Comètes, et dans les Réponses à un Provincial, où l'on dépend la Conformité de la Foi avec la Raison contre sa Réponse. Bayle se défendit une dernière fois dans les Entretiens de Maxime et de Thémiste ou réponse à l'Examen .

Il ne convient pas dans cette Introduction purement historique de juger les idées qui furent débattues dans cette querelle, ni d'insister sur la portée et la valeur des Pensées sur la Comète. Je crois pourtant indispensable de donner quelques indications qui permettront de mieux apprécier l'intérêt que peut offrir une nouvelle édition des Pensées. Malgré sa violence et ses exagérations, Jurieu avait discerné avec clairvoyance les tendances de cette œuvre, en matière religieuse. A vrai dire, ce sont les fondements mêmes de la Religion que ce Livre risquaient d'ébranler. Sans faire violence au texte, on pouvait en dégager par exemple les conclusions suivantes :

La peur ou la fourberie se trouvent à l'origine de toute Religion ; la Religion n'a pour ainsi dire pas d'influence sur l'amélioration morale des Peuples et par conséquent à ce point de vue toutes les Religions sont indifférentes ; il n'y a rien de commun entre la Foi et la Raison. Ainsi, séparée d'une part de la science rationnelle, détachée d'autre part de la morale, la Religion restait dans son isolement, sans utilité ni raison d'être. Ce sont bien là en effet les arguments dont vont se munir contre la Religion les Philosophes du xvine siècle.

On peut dire que le livre des Comètes a établi les principes de toute la polémique antireligieuse qui va suivre.

Les sources de l'ouvrage nous permettent de comprendre sous quelles influences s'est formée la pensée de Bayle et d'analyser en même temps la genèse de ce que l'on commence à appeler la Philosophie. Quand, à trente-cinq ans, Bayle écrit ce premier livre, il est muni d'une très solide érudition antique : il doit à la philosophie païenne une entière liberté de pensée. Il se rattache directement à cet égard aux humanistes de la Renaissance. Montaigne l'aida du reste puissamment à dégager de son érudi-

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