INTRODUCTION7 IX
publié en 1665 une longue étude sur la nature et les présages des Comètes.
Comiers soutient « que les Comètes ont leur cours aussi bien réglé que les autres Planètes, bien que la science de leur mouvement ne soit pas encore bien établi » ; il démontre « qu'il est ridicule de croire que les Comètes soient la cause, le signe ou le présage des funestes accidens qui arrivent sur la Terre » et il conclut en affirmant qu' « elles ne présagent rien du tout et sont tout à fait indiférentes. »
Le Mercure publiait aussi des Madrigaux galants ou des impromptus plaisants inspirés par la Comète : un poète, pleurant le départ d'une belle, s'écriait :
Ce funeste départ me trouble et m'inquiète
C'est là ce qu'il faut craindre et non pas la Comète ;
un autre reprochait aux hommes de rendre la Comète responsable des fautes qu'ils commettent eux-même :
Et leur esprit ambitieux Veut dans une pauvre Comète Ou dans la matière des Cieux Trouver l'Autheur pernicieux D'une faute qu'ils auront faite.
Un troisième enfin assure plaisamment que la Comète a présagé la mort de l'éléphant de Versailles. Tout cela est d'un ton très moderne et semble prouver que le public ne crovait pas sérieusement aux menaces de la Comète.
Le théâtre lui-même trouvait dans la Comète le sujet d'une pièce d'actualité : « Ceux qui voudront se guérir de la peur de la Comète, annonçait le Mercure Galant, peuvent aller voir la petite Comédie que la Troupe Royale des Comédiens Français a commencé de représenter sous le mesme titre de la Comète (1), avec beaucoup de succès. Elle fait connoistre qu'on n'a aucun lieu de s'en effrayer et marque d'une manière très-enjouée l'opinion du fameux Descartes sur cette matière. »
(1) Comédie en un acte en prose, donnée le 29 janvier i68r, attribuée à de Visé et qui est de Fontenelle. Elle était fort rare ; mais on l'a réimprimée dans le tome dixième de la dernière édition des œuvres de l'Auteur. On en peut voir d'ailleurs un court extrait dans le Mercure de juillet. (Dictionnaire portatif des Théâtres, par de Léris, 1763.) Cf. les frères Parfaict, Histoire du théâtre français, XII, 220, et Louis Maigron, Fontenelle, l'homme, l'œuvre, f influence, p. 26.