VIII INTRODUCTION
un ouvrage spécialement destiné à rassurer la population effrayée.
La Comète de 1680 a très vraisemblablement soulevé un mouvement de curiosité bien plutôt qu'éveillé des terreurs réelles et l'on est même surpris de constater combien en quinze ans les craintes superstitieuses ont perdu d'empire.
Madame de Sévigné fait à son cousin Bussy une allusion plaisante à la Comète :
« Nous avons ici une Comète qui est bien étendue aussi ; c'est la plus belle queue qu'il est possible de voir. Tous les grands personnages sont alarmés et croient fermement que le Ciel, bien occupé de leur perte, en donne des avertissemens par cette Comète. On dit que le Cardinal Mazarin étant désespéré des médecins, ses courtisans crurent qu'il falloit honorer son agonie d'un prodige et lui dirent qu'il paroissoit une grande Comète qui leur faisoit peur. Il eut la force de se moquer d'eux et il leur dit plaisamment que la Comète lui faisoit trop d'honneur. En vérité on devroist en dire autant que lui et l'orgueil humain se fait trop d'honneur de croire qu'il y ait de grandes affaires dans les astres quand on doit mourir. »
(Au Comte de Bussy-Rabutin, Paris, ce 2" Janvier 1681).
Et Bussy, en réponse à cette lettre, écrit :
« La Comète qu'on voit à Paris se voit aussi eu Bourgogne et fait parler les sots de ce pays-ci comme ceux de celui-là. Chacun a son héros qui, à son avis, en doit être menacé et je ne doute pas qu'il n'y ait des gens à Paris qui croiront que la Comète a annoncé au monde la mort de Brancas. (Charles, comte de Brancas, mort le 8 janvier 168 1.)
La foiblesse de craindre les Comètes n'est pas moderne : elle a eu cours dans tous les siècles et Virgile qui avoit tant d'esprit a dit qu'on ne les voyoit jamais impunément. Peut-être ne l'a-t-il pas cru... Pour moi je ne le crois pas et je pense que tout au plus une Comète marque l'altération des saisons et qu'elle peut ainsi causer la peste et la famine. »
(Autun, 8" janvier 1681.)
Le Mercure Galant, dans son numéro de Janvier 1682, publie un Discours sur les Comètes dû à la plume autorisée de Claude Comiers, chanoine de la cathédrale d'Embrun qui avait déjà