‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 72 sur 167 · A. au lieu de les deffendre · texte numérisé non relu

A. au lieu de les deffendre

Pensées sur la Comète,

60 D'ailleurs quelle mortification n'est-ce pas pour la Nation Espagnolle, qui affectoit tant de l'emporter sur nous, et qui autrefois remplissoit de jalousie toutes les Cours de l'Europe, de les accabler à présent de plaintes, de mémoires, et de supplications, pour en être protégée 65 contre la France, sans trouver aucun Prince qui la secoure ? Ce n'est pas qu'on soit bien aise que le Roy s'aggrandisse comme il fait, ou qu'on soit persuadé de la justice de ses prétentions, car encore que nôtre Invincible Monarque ne prenne que ce qu'il prouve lui appartenir 70 légitimement, et que selon la remarque de l'Auteur des Droits de la Reine, il imite Josùé qui faisoit marcher à la tête de ses troupes l'Arche où étoit enfermée la loy de Dieu, nos Voisins néanmoins ne goûtent pas la force de nos raisons. Ils disent qu'il faut avoir un esprit soutenu 75 de cent mille soldats pour trouver dans les Traittez de Munster et de Nimegue, le sens que nous y trouvons ; qu'assurément ceux qui en ont dressé les articles n'ont jamais cru qu'on peust les interpréter de la sorte, et que s'ils ont dit ce que nous leur faisons dire, ils ont agi 80 comme ceux qui font les Canons des Conciles, qui en disent plus qu'ils n'en entendent ; d'où vient que plusieurs siècles après on découvre dans leurs expressions des Mystères à quoi il ne songeoient pas. Qu'est ce donc qui empêche nos Voisins d'écouter les conseils des Espars 5 gnols ? La pure crainte d'attirer sur eux la foudre qui menace les autres. Mais revenons à nôtre sujet.

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