A des Comètes précédentes
(1) « Les vrais Philosophes ont toujours pris les Comètes pour des Signes indiferens ; et le docte Scaliger assure qu'il en a veu plusieurs qui n'ont esté suivies d'aucun malheur dans l'Europe ; que beaucoup de puissans Etats ont esté renversez et plusieurs grands personnages ont pery malheureusement, sans qu'aucune Etoile chevelue se soit montrée dans le Ciel pour prédire leur Ruine. » fComiers, Merc. Gai., p. 124.J
« Multi sunt a nobis Cometx visi, quos nulla usquam tota in Europa subsecuta est pernicies mortalium : et multi clarissimi viri suo fato functi sunt, multi eversi principatus, pessumdatœ familirc illustrissima;, sine ullo Comètes indicio. » (Scaliger, Exercit. 7 9, in Cari.)
95 que s'il feuilleté diligemment les Histoires, il trouvera des exemples de même nature tout autant qu'il en voudra. Le Theatrutn Cometicum que je vous ai déjà cité (a), en fournit deux bien remarquables. Un Auteur Allemand du dernier siècle nommé Elias Major (b) en fournit un très
ioo grand nombre, et remarque expressément que les plus célèbres Traittez de paix se sont conclus fort peu après l'apparition de quelque Comète ; que plusieurs Nations Idolâtres ont été converties à l'Evangile dans un tems qui avoit ce même caractère là, et qu'on peut dire la même
105 chose de la fondation de plusieurs célèbres Universitez. Le philosophe Charemon (c) nous apprendroit bien des choses sur ce sujet si nous avions le livre qu'il avoit composé, pour faire voir que la plus part des Comètes avoient été le présage de grands bonheurs. Que nôtre
no Ami feuilleté donc les Histoires, et il trouvera des exemples abondamment. Je n'oserois vous dire la même chose, à vous Mr. qui n'avez pas tant de loisir que lui, et qui occupez si bien vôtre tems à la lecture des S. Pères et de St. Thomas. Ainsi je me retracte des exhortations que je
115 vous ai faites (d) et je me vois obligé à ne conter pas plus sur cette V. Raison toute décisive qu'elle est, que sur les autres, parce que vous n'en sauriez voir la force sans
(a) Vol. I, pag. 116.
(b) In libelle de Cornet.
(c) Origeues, l. I, contra Cchum.
(d) Cy dessus, p. 86.
95. A Je lui répons par avance qu'il feuilleté diligemment les histoires (Le Theatrutn Cometicum, vol. I, p- S5> m fournit deux exemples) et qu'il trouvera des exemples de même nature tout autant qu'il en voudra. Je n'oserois vous dire la même chose, etc.
97. Le passage : Le Theatrutn Cometicum que je vous ai déjà cité, jusqu'à : Je n'oserois vous dire, est une addition de B.
115. Le commencement de phrase : Ainsi je me retracte des exhortations que je vous ai faites, et, n'est pas dans A.
entrer dans la discussion de plusieurs faits, et sans bien calculer le bien et le mal arrivé en divers tems par tout le
120 monde, ce qui ne s'accorde nullement avec la lecture de tant de Canons, de tant de Conciles, de tant de Pères, de tant de Théologiens, de tant de Casuistes, à laquelle vous vous êtes consacré. Je tacherai de remédier à cet inconvénient par une raison qui ne demande aucune lecture, et
125 qui est d'une espèce toute particulière, comme je vous l'ay déjà dit (a). Mais avant que d'en venir là, je prévois que je vous dirai encore bien d'autres choses.
A..., le 2 de May, 1681.
VI. Raison : Que la persuasion gêner aile des Peuples n'est d'aucun poids pour prouver les mauvaises influences des Comètes.
Je n'ay pas encore épuisé les raisons Philosophiques, car en voici encore une, Mr., qui n'est pas peu considérable. On peut ajouter en sixième lieu, qu'on ne prescrit pas contre la vérité par la tradition generalle, et par le 5 consentement unanime des hommes : autrement il faudroit dire que toutes les superstitions que les Romains avoient apprises des Toscans sur le fait des augures et des
(a) P. IS.
124. A. Je tacherai de remédier à cet Inconvénient par une raison de nouvelle espèce que je vous garde, et qui ne demande aucune lecture. Cette phrase termine le §.