La phrase : Plutarche, Tacite, etc., n'est pas dans A
PENSÉES SUR LA COMÈTE l6j
y verriez que la guerre civile de César et de Pompée eut pour avant-coureurs une infinité de prodiges menaçans, dont les Dieux remplirent la mer, le ciel et la terre. Vous y verriez des Comètes, et plus de météores ignées
60 que vous n'en avez dictez dans vôtre célèbre Cours de Philosophie. Vous y verriez des éclipses, des embrasemens du mont Etna, des tremblemens de terre, des inondations, des statues parlantes et suantes, des tombeaux gemissans, des monstres, des apparitions d'Esprits, des
65 Enthousiastes, et plusieurs autres telles choses. Vous y verriez que l'effect de tout cela fut, non la reformation des mœurs, et l'abolition des fausses créances touchant le service divin, qui sont les seules choses que Dieu demande de nous par les signes qu'il nous donne de sa
70 colère : mais des consultations de Devins, dont le plus vieux impose pour toute pénitence aux Romains, quelques processions autour de la ville, et quelques traits de superstition, comme de faire main basse sur tous les monstres. Vous, y verriez que le vieux Devin et une
75 Fanatique ayant remply la ville de consternation, celui là par les funestes présages qu'il trouva dans le sacrifice qu'il offrit aux Dieux ; celle-cy par les prédictions qu'elle publia dans les rues ; furent cause que les femmes coururent en foule à l'adoration des statues, pendant que les
?o hommes murmuroient contre la cruauté du destin. Toutes choses, comme vous voyez, directement opposées à la volonté de Dieu. Silius Italicus fait un pareil