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DE LA RÈGLE

On ne doit placer la règle suprême ni en soi ni autour de soi, mais au-dessus de soi.

Il faut, quand on agit, se conformer aux règles, et quand on juge, avoir égard aux exceptions.

Qui vit sans but et, comme on dit, à l'aventure, vit "ristement. Dans la vie morale, pour avoir du plaisir, il faut se proposer un but et l'atteindre; or, tout ce qui est but est limite. Non-seulement il n'y a pas de vertu où il n'y a pas de règle et de loi, mais il n'y a pas même de plaisir. Les jeux des enfants eux-mêmes ont des lois, et n'existeraient pas sans elles; ces règles sont toujours gênantes, et cependant, plus on les observe strictement, plus on s'amuse

Il y a dans la règle un repos qui attache, à toute autorité qui établit l'ordre, la reconnaissance de ceux qu'elle y soumet. L'homme aime naturellement son guide, celui qui l'instruit, lui commande et le dresse.

Gardons-nous bien de faire une proposition de ce qui est un précepte, une règle, un commandement.

Dans les temps où l'on n'a pas de règles, les gens de bien même valent moins. La vie alors est un pont sans parapets, d'où les emportés se précipitent dans le vice quana ils le veulent, et les gens ivres sans le vouloir. 3n est, dans les bons temps, meilleur que soi-même, et pire dans les temps mauvais.

Il faut que chaque homme ait en soi une force qui

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fasse plier ses actions, même les plus secrètes, à la règle, et qu'il dirige sur lui-même sa pensée et son action, les regards de son intelligence et la main de sa volonté. Chacun. doit être le magistrat, le roi, le juge de soimême.

Notre goût juge de ce que nous aimons, et notre jugement décide de ce qui convient : voilà leurs fonctions respectives, et ils doivent s'y tenir. Il faut qu'il y ait entre eux la même différence qu'entre l'inclination et la raison.

Nos qualités ne sont qu'un ordre sans lumière, une régularité sans règle, une droiture sans cordeau, un équilibre sans aplomb, une harmonie dont rien ne nous bat la mesure, un instinct de ce qu'il faut être et non pas de ce qu'il faut faire. Sans le devoir et son idée, point de solidité dans la vertu.

Si les sensations sont la règle des jugements, un coup de vent, un nuage, une vapeur, changent la règle.

Notre nature se compose de sa faiblesse et de ses forces, de son étendue et de ses limites. Il nous faut des doctrines convenables à notre faiblesse, sinon nous ne pouvons les supporter, les retenir, les conserver; convenables à notre force, sinon nous ne pouvons les admettre ou nous en contenter.

Le devoir! à l'égard de nous-mêmes, c'est l'indépendance des sens, et, à l'égard d' autrui, c'est l'assiduité à l'aide, au support; aide au bien-être, au bien-faire, aiibicn-vûuloir, au bien-souhailcr; aide par le concours

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