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DE LA MORALE

elles dirigent, elles sauvent aveuglément. C'est le fil daps le labyrinthe, la boussole pendant la nuit

C'est toujours par l'oubli çj l'inobservation de quelque maxime triviale que tout périclite ou périt.

Il ne faut jamais offrir à l'attention et faire entrer dans la mémoire des hommes de mauvaises maximes bien exprimées.

XLYII.

Souvent on a le sentiment d'une vérité dont on n'a pas l'opinion, et alors il est possible qu'on dirige sa conduite d'après ce qu'on sent, et non d'après ce qu'on pense. Il est même de très-graves matières et des questions fort importantes où les idées décisives doivent venir des sentiments; si elles viennent d'ailleurs, tout se perdra.

Les idées claires servent à parler; mais c'est presque toujours par quelques idées confuses que nous agissons, ce sont elles qui mènent la vie.

Il est un grand nombre de décisions où le jugement n'intervient pas. On décide sans évidence, de lassitude, avec précipitation, pour terminer un examen qui ennuie, ou pour faire cesser en soi une incertitude qui tourmente; on décide enfin par volonté, et non par intelligence.

La raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter ; le cœur seul dit ce qu'il faut faire. Dieu est dans r.otre conscience, mais non dans nos tâtonnements. Quand nous raisonnons, nous marchons seuls et sans lui

La raison est dans l'homme le supplément universel de l'impuissance de la nature.

LU

Penser ce que l'on ne sent pas, c'est mentir à soimême. Tout ce qu'on pense, il faut le penser avec son être tout entier, âme et corps.

LUI

Faire les plus petites choses par les plus grands motifs, et voir dans les plus petits objets les plus grands rapports, voilà le grand moyen de perfectionner en soi l'homme sensible et l'homme intellectuel.

La règle doit être droite comme un fil, et non pas comme unerbarre de fer. Le cordeau indique la ligne, même lorsqu'il fléchit; l'inflexion ne le fausse pas. Toute règle bien faite est souple et droite ; les esprits durs la font de fer.

Toute règle a sa raison, qui en est l'esprit, et quand, en observant la règle, on doit s'écarter de sa raison, c'est à celle-ci qu'il faut se conformer. En toutes choses donc, suis la règle, ou mieux encore la raison de la règle, si tu la connais.

Opposer la nature à la loi, sa raison à l'usage et sa conscience à l'opinion, ce n'est qu'opposer l'incertain au certain, l'inconnu au connu, le singulier à l'uni yersel.

Le but n'est pas toujours placé pour être atteint, mais pour servir de point de mire. Tel le précepte de l'amour des ennemis.

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