L. Marais. T. Roullakd
Ph. Le Feron.
Approbation particulière de Monsieur Le Vaillant, Docteur de la Faculté de Paris, ancien Prédicateur, Curé de Saint Christophe, et cy-devant Théologal de l'Eglise de Reims.
Quelle apparence de prendre tant de plaisir à lire les Pensées de M. Pascal et de n'en dire pas et témoigner les siennes en particulier. Je sçavois assez, avec tous les honnestes gens, ce que pouvoit ce rare esprit en tant d'autres matières et surtout dans ses Lettres, qui ont surpris et es tonné tout le monde; mais
l. « De Bréda, curé, etc., » Antoine de Bréda, né en 1601, docteur de Sorbonne, auparavant aumônier et prédicateur ordinaire du Roi, auteur d'une Oraison funèbre de Louis XII [ (Paris, 1643, in-8). — i Le Vaillant, curé, etc. » Voir ses titres et son approbation particulière. — « Grenet, curé, etc. », Claude Grenet, docteur de Sorbonne, mort en 1G84, âgé de 79 ans, après avoir été, pendant quinze ans, supérieur de l'abbaye de Port-Royal-des-Champs. — « Marlin, curé, etc. », Marlin (Pierre), trentième curé de Saint-Eustache, docteur de Sorbonne et de Navarre, appelé Martin par quebjues écrivains. H était neveu du précédent curé, M. Tonnelier, et, à ce titre, se mit, de haute lutte, en possession de la cure à la mort de son oncle (1645), secondé par les Dames de la halle. Mort en 1678. (Extrait de la notice descriptive et historique sur l'église et la paroisse Saint- EustacTie, etc., Paris, 1855, p. 78). — « L. Marais », Louis Marais, auteur, d'après la France littéraire de Quérard, du livre attribué à De Launay, Véritable traditioyi de l'Église sur la prédestination et la grâce (Liège, Lefrançois, 1702, in-12). — < Ph. Le Féron », docteur en 1668, mort en 1692. — «Petitpied», Nicolas Petitpied, mort à 75 ans, en 1705, conseiller clerc au Chàtelet de Paris et curé de Saint-Martial ; auteur de plusieurs ouvrages. — « T. RouUand », chanoine et prévôt de l'église de Reims, d'après l'Histoire de la vie de Mons/' Ârnauld, etc. (Cologne, 1695).
qu'il deust nous donner et laisser une méthode si naturelle et néanmoins si extraordinaire pour montrer, deffendre et appuyer l'excellence et la grandeur de nostre Religion, c'est ce que je n'eusse pas pensé si je n'en eusse veu les preuves très évidentes dans cet ouvrage. Il est vray qu'il n'est pas achevé, et les raisonnemens n'ont pas toujours leur étendue et leur perfection, ce ne sont souvent que des commencemens, des essais et comme des restes de pensées d'une haute et merveilleuse élévation; mais telles que puissent être ces pensées, elles méritent bien justement l'éloge du Prophète : Reliquiae cogitationis diem festum agent tibi, Restes précieuses certainement. Disons hardiment reliques honorables d'un illustre mort, qui du jour auquel elles paroistront en public en feront un jour de feste et de joye pour tous les fidelles, mais de honte aussi et de confusion pour tous les impies, les libertins et les athées, pour tous ceux qui, se piquans de fort esprit, n'ont dans leurs forces imaginaires que de la foiblesse et de l'infirmité : Infirmas dicet ego fortis sum. Ces malheureux infirmes verront dans ce livre leur misère et leur vanité; ils trouveront leur deffaite et leur déroute dans la victoire et le triomphe de l'auteur des Pensées, que j'ay leuè's avec tant d'admiration, que j'approuve avec tant de reconnoissance et que je certifie dans la dernière sincérité estre très conformes à la foy et très avantageuses aux bonnes mœurs. Fait à Paris, le sixième Septembre 1669.
A. Le Vaill.\::<t.
De M. Fortin, Docteur en Théologie de la Faculté de Paris, Proviseur du Collège d'Harcourt.
L'estroitt liaison que j'ay eue avec M. Pascal durant sa vie m'a fait prendre un singulier plaisir à lire ces Pensées, que j'avois autrefois entendues de sa propre bouche. Ce sont les entretiens qu'il avoit d'ordinaire avec ses amis. Il leur parlait des choses de Dieu et de la Religion avec tant de science et de soumission, qu'il est difficile de trouver un esprit plus élevé et
plus humble tout ensemble. Ceux qui liront ce recueil, qui contient des discours tous divins, jugeront aisément de la grandeur de son ame et de la force de la grâce gui l'animait. Ils ne trouveront rien qui ne soit dans les règles de la Religion, et qui n'inspire des sentimens dune véritable et sincère pieté. C'est le témoignage que je me sens obligé d'en rendre au public. A Paris, ce 9 Aoust 4669.
T. FORTW^-
De M. le Camus, Docteur en Théologie de la Faculté de Peiris, Conseiller et Aumônier ordinaire du Roy.
Jl m'est arrivé, en examinant cet ouvrage en Vestat qu'il est, ce qui arrivera presque à tous ceux qui le liront, qui est de regretter plus que jamais la perte de Cautheur, qui estoit seul capable cTachever ce qu'il avoit si heureusement commencé. En effet, si ce livre, tout imparfait qu'il est, ne laisse pas d'émouvoir puissamment les personnes raisonnables et de faire connoistre la vérité de la Religion Chrétienne à ceux qui la chercheront sincèrement, que n'eût-il pas fait si l'aulheur y eût mis la dernière main? Et si ces diamans brutes épars çà et là jettent tant d'éclat et de lumière, quel esprit n'auroit-il pas ébloui, si ce sçavant ouvrier avoit eu le loisir de les polir et de les mettre en œuvre? Au reste, s'il eût vécu plus longtemps, ses secondes pensées auraient esté sans doute dans un meilleur ordre que ne le sont les premières que l'on donna au public dans cet écrit, mais elles ne pouvaient estre plus sages; elles auraient esté plus polies et plus liées, mais elles ne pouvaient estre ny plus solides ny plus lumineuses. C'est le témoignage que nous en rendons, et que nous n'y avons rien remarqué qui ne soit conforme à la
1. € T. Fortin >, curé de Saint-Christophe à Paris, et principal du collège d'Harcourt (V. le Recueil d'Utrecht, 1740). D'après un récit de la nièce de Pascal, ce Fortin aurait concouru à l'impression des Provinciales. (V. Port-Royal, par Sainte-Beuve, 2* édit., t. Y, p. 559, à la note).
créance et à la doctrine de l'Église. A Paru, le 24 de Septembre 1669.
E. Le Camus, Docteur de la Faculté de Théologie de Paris, Conseiller et Aumônier du roy *.
De Monsieur de Ribeyran, Archidiacre de Comenge.
fay lu avec admiration ce livre posthume de M. Pascal. Il semble que cet homme incomparable non seulement voit, comme les Anges, les conséquences dans leurs principes, mais qu'il nous parle comme ces purs esprits, par la seule direction de ces pensées. Souvent un seul mot est un discours fout entier. Il fait comprendre tout d'un coup à ses lecteurs ce qu'un autre aurait bien de la peine d'expliquer par un raisonnement fort étendu. Et tant s'en faut que nous devions regretter qu'il n'ait pas achevé son ouvrage, que nous devons remercier au contraire la Providence divine de ce qu'elle l'a permis ainsi. Comme tout y est pressé, il en sort tant de lumières de toutes parts, quelles font voir à fond les plus hautes veritez en elles mesmes, qui peutestre auroient esté obscurcies par un plus long embarras de paroles. Mais si ces pensées sont des éclairs qui découvrent les veritez cachées aux esprits dociles et équitables, ce sont des foudres qui accablent les libertins et les athées ; et puisque nous devons désirer pour la gloire de Dieu l'instruction des uns et la confusion des autres, il n'y a rien qui ne doive porter les amis de M. Pascal à publier ces excellentes productions de ce rare esprit, qui ne conlienneiit rien, selon mon jugement, qui ne soit très Catholique et très édifiant. Fait à Paris, le 7 Septembre 4669.
De Ribeyiun, Archidiacre de Comenge*.
\. « E. Le Camus, docteur, etc. n, né en 1632 ; évêque de Grenoble en 167t, cardinal en 1686, mort en 1707.
2. « De Riheyran, archidiacre, etc. » (V. Pori-Eoyal, par Sainte- Beuve).
De Monsieur de Drubec, Docteur de Sorbonnc, Abbé de Boulancourt.
Un ancien a dit assez élégamment que l'on doit considérer, eu égard à la postérité, tout ce que les aulheurs n'achèvent pas, comme s'il n'avoit jamais esté commencé; mais je ne puis faire ce jugement des Pensées de M. Pascal. Il me semble que l'on fcroil grand tort à la postérité aussi bien qu'à noslre siècle, de supprimer ces admirables productions, encore qu'elles ne puissent non plus recevoir leur perfection que ces anciennes figures que l'on aime mieux laisser imparfaites que de les faire retoucher. Et, comine les plus excellens ouvriers se servent plus utilement de ces morceaux pour former les idées des ouvrages qu'ils méditent, qu'ils ne ferci2nt de beaucoup d'autres pièce* plus finies, ces fragmens de AI. Pascal donnent des ouvertures sur toutes les matières dont ils traittent qu'on ne trouverait point dans des volumes achevez. Ainsi, selon mon jugement, on ne doit pas envier au public le présent que luy font les amis de ce philosophe Chrétien des précieuses reliques de son esprit, et non seulement je ne trouve rien qui puisse empescher l'impression, mais je croy que nous leur devons beaucoup de reconnaissance du soin qu'ils ont pris de les ramasser. Donné à Paris, le S Sep- 'embre 4669.
Frarçois Malet db Gravillb Drtoec*.
1. « François Malet, etc. >, F. de Grammont, dit Malet, etc., trenteseptième abbé de Boulancourt, neveu de son prêdécesëeur, Gilbert de Choiseul ; morl en 1701 [GaMia Christiana^.