t ... aux conquérants. >; F. : « ... aux capitaines
2. «... la sagesse qui vient de Dieu... »; F. : « ... qui Ji'est nulle \part] sinon en Dieu. »
3. Après «... leurs victoires », F. ajoute: « et leur lustre. »
4. € ... qui ne sont pas de leur ordre et qui n'ajoutent, etc. >; Y.: « ... où elles n'ont nul rapport, car elles n'ajoutent, etc. » -r
Archimède sans aucun éclat' de naissance serait en même vénération. Il n'a pas donné des batailles *, mais il a laissé à tout l'univers 3 des inventions admirables. 0 qu'il est grand et éclatant aux yeux de l'esprit'' !
Jésus-Curist sans bien et sans aucune production descienc. au dehors, est dans son ordre de sainteté. Il n'a point donne d'inventions; il n'a point régné; mais il a été humbli patient, saint devant Dieu^, terrible aux démons, sansaucui; péché. 0 qu'il est venu en grande pompe, et en une prodigieuse magnificence aux yeux du cœur, et qui voient la sagesse I
Il eût été inutile à Archimède de faire le Prince dans ses livres de géométrie, quoiqu'il le fût.
Il eût été inutile à notre Seigneur Jésus-Christ pour éclater dans son règne de sainteté de venir en Roi. Mais qu'il est bien venu avec l'éclat de son ordre !
Il est ridicule de se scandaliser de la bassesse de Jésus- Cbrist, comme si cette bassesse ^ était du même ordre que la grandeur qu'il venait faire paraître. Que l'on considère cette grandeur là dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l'élection des siens, dans leur fuite', dans
4. « Archimède sans aucun éclat de 7iaissance. . . » Les mots soulignés ajoutés par P. R.
2. » 11 n'a pas donné des batailles... »; F. ajoute.- « pour les yeux. »
3. « ... mais il a laissé à tout l'univers des inventions admirables. i> ; F. : « . . . mais il a fourni à tov^ les esprits ses inventions. >
4. « Oh qu'il est grand et éclatant aucc yeux de l'esprit: » ; F.: « Oh! qu'il a éclaté aux esijrits! »
5. « ... Saint devant Dieu... » ; F.: «... Saint, Saint, Saint à Dieu. » P. R. n'a pas voulu, comme le fait remarquer H., employer, hors de l'église, les formules de la liturgie.
6. « ... comme si cette bassesse était du même ordre que, etc. » ; F.: « ... du même ordre duquel est, etc. »
7. « ... dans leur fuite... ^ Correction nécessaire de P. R. Le texte primitif est: « dan.s leur abandon », ce gui porte un sens objectif. ;
sa secrète résurrection, et dans le reste ; on la verra si grande qu'on n'aura point sujet de se scandaliser d'une bassesse qui n'y est pas.
Mais il y en a qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles, comme s'il n'y en avait pas de spirituelles ; et d'autres qui n'admirent q'je les spirituelles, comme s'il n'y en avait pas d'infiniment pius hautes dans la sagesse.
Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et les Royaumes ne valent pas le moindre des esprits; car il connaît tout cela, et soi-même; et le corps rien, fit tous les corps et tous les esorits ensemble, et toutes leurs productions ne valent pas le moindre mouvement de charité ; car elle est d'un ordre infiniment plus élevé.
De tous les corps ensemble on ne saurait tirer la moindre pensée^; cela est impossible, et d'un autre ordre. Tous les corps et les esprits ensemble ne sauraient produire ^ un mouvement de vraie charité : cela est impossible, et d'un autre ordre tout surnaturel.
î Jésus-Christ a été dans une obscurité (selon ce que le monde appelle obscurité) telle que les historiens qui n'écrivent que les choses importantes l'ont à peine aperçu.
5 Quel homme eut jamais plus d'éclat que Jésus-Christ? Le peuple Juif tout entier le prédit avant sa venue. Le peuple Gentil l'adore après qu'il est venu 3. Les deux peuples Gentil et Juif le regardent comme leur centre. Et cependant quel homme jouit jamais moins de tout cet éclat? De trente-trois ans il en vit trente sans paraître. Dans les trois autres il
1. «... on ne saurait tirer la moindre pensée... »; F.: « ... on ne saurait en faire réussir une petite pensée... »
2. « ... tous les corps ne sauraient produire, etc. » ; F. : « De tous les corps on n'en saurait tirer, etc. »
3. « ... après qu'il est venu, n ; F. : « ... après sa venue. » P. R. ayant déjà employé « avant sa venu^ » dans la ligne précédente, a, sans doute, voulu éviter la répétition.
d4> PENSEES SUR LA RELIGION
passe pour imposteur; les Prêtres et les principaax d« sa nation le rejettent; ses amis et ses proches le méprisent. Enfin il meurt d'une mort honteuse*, trahi par un des siens, renié par l'autre et abandonné de tous.
Quelle part a-t-il donc à cet éclat ? Jamais homme n'a eu tant d'éclat : jamais homme n'a eu plus d'ignominie. Tout cet éclat n'a servi qu'à nous, pour nous le rendre plus reccnnaissable : et il n'en a rien eu pour lui.
f Jésus-Christ parle des plus grandes choses si simplement-, qu'il semble qu'il n'y a pas pensé 3; et si nettement néanmoins, qu'on voit bien ce qu'il en pensait. Cette clarté jointe à cette naïveté est admirable.
* Qui a oppris aux Evangélistes les qualités d'une âme véritablement héroïque^ pour la peindre si parfaitement en Jésus-Christ? Pourquoi le font-ils faible dans son agonie? Ne savent-ils pas peindre une mort constante? Oui sans doute ; car le même Saint Luc peint celle de Saint Etienne plus forte que celle de Jésus-Christ. Ils le font donc capable de crainte avant que la nécessité de mourir soit arrivée, et en suite tout fort. Mais quand ils le font troublé, c'est quand il se trouble lui-même ; et quand les hommes le troublent, il est tout fort.
î L'Évangile ne parle de la virginité de la Vierge que jusqu'à la naissance de Jésus-Christ : tout par rapport à Jésus-Christ.
• Les deux Testaments regardent Jésos-Christ, l'ancien
1. « ... il meurt d'une mort honteuse. » Ces derniers mots ajoiu tés par P. R.
2. « J.-C. parle des plus grandes choses... r> ; F. : * ... a dit les choses grandes. . . >
3. « qu'il semble qu'il «'y a pas pensé. » ; F. : «... qu'il 7ie les ;i pasijens^es. »
>.. »... une âme véritablement héroïque. » ; F. : a parf alternent, •ta. » Ce dernier mot est employé un peu plus loin, d'où, sans doute, la correction de P. R.
comme son attente, le nouveau comme son modèle ; tous deux comme leur centre.
• Les Prophètes ont prédit, et n'ont pas été prédits. Les Saints ensuite sont prédits, mais non prédisants, Jésus-Christ est prédit et prédisant.
î Jésus-Christ pour tous. Moïse pour un peuple.
Les Juifs bénis en Abraham, Je bénirai cetix qui te béniront' . Mais toutes nations bénites en sa semence^.
Lumen ad revelationem gentium^.
Non fecit taliter omni nationi^, disait David en parlant de la loi. Mais en parlant de Jésus-Ghrist, il faut dire : Fecit taliter omni nationi.
Aussi c'est à Jésus-Christ d'être universel. L'Église même n'offre le sacrifice que pour les fidèles : JÉsus-Cnr.isT a offert celui de la croix pour tous.
î Tendons donc les bras à notre libérateur^, qui ayant été promis durant quatre mille ans, est enfin venu souffrir et mourir pour nous sur la terre dans les temps et dans toutes les circonstances qui en ont été prédites. Et attendant par sa grâce la mort en paix dans l'espérance de lui être éternellement unis, vivons cependant avec joie, soit dans les biens qu'il lui plaît de nous donner, soit dans les maux qu'il nous envoie pour notre bien, et qu'il nous a appris à souffrir par son exemple.
i. Genèse. XIl. 3.