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Génie du Christianisme, 3' partie, livre II, cbap. vi

Pensées avec les Remarques de Voltaire, c'est-à-dire en 1779, l'ahbé Bossut entreprit de réunir les Œuvres complètes [Paris sous la rubrique de La Haye, V> vol. in-8). Tout ce qui avait été publié des Pensées depuis 1670 jusqu'à 1778, c'est-à-di:e le texte de Port-Royal avec les additionsde 1678, celles de l'évéque de Montpellier, du P. des Molets, de Condorcet et quelques fragments nouveaux empruntés à des copies rnanusciiles des notes de Pascal, tout cela formait un volume de la nouvelle édition, où l'on adopta, sans modifications sensibles, le texte des précédents éditeurs. Le travail de Bossut se borna à une nouvelle classification des Pensées en deux parties : Pensées qui se rapportent à la philosophie, à la morale, etc., et Pensées immédiatement relatives à la religion, classification d'une valeur contestable en ce qu'elle mettait à néant le plan présumé de Pascal, et n'ayant mêrnc pas le mérite d'une exécution irréprochable. Bossut commit en outre la faute, qui lui est vivement reprochée par Cousin*, d'intercaler dans son recueil des Pensées des extraits des conversations de Pascal qui n'eussent été à leur place que dans un Ana.

Le travail de Bossut n'en lut pas moins adopté comme définitif dans toutes les éditions qui suivirent. Celle donnée en 1783 (et 1787) par le P. André, ex-oratorien et ancien bibliothécaire de d'Aguesseau, ne fut qu'une reproduction de Bossut avec retour à l'ancien ordre de matière établi par Port-Royal. De notre temps, les éditions Renouard (1803 et 1812) et Lefèvre (1819 et 1826), ou Didot (1843 et 1866), n'ont fait également que reproduire le texte de Bossut, avec additions de quelques paragraphes nouveaux. Il en est de même, sauf quelques suppressions, de l'édition Frantin (Z)yon 1835),

1 Des Pensées, etc., 1843, p. 40 et saiv.

dont le mérite consiste dans les efforts tentés pour restitucf le plan de l'auteur.

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Nous voici arrivé, dans l'historique du livre de Pascal, à la date la plus importante après celle de sa publication. Je veux parler du manifeste lancé, en 1842, contre toutes les éditions publiées jusqu'alors des Pensées « par l'un des plus grands esprits de ces temps-ci, promoteur et agitateur en toute carrière (c'est nommer M. Cousin) '. » Il serait injuste de ne pas tenir compte à l'écrivain dont nous venons d'emprunter le langage de la part qui lui revient dans cet éclat. Sainte-Beuve, dans des conférences données à Lausanne en 1837, et ultérieurement par la publication des deux premiers volumes de Port-Royal, venait d'évoquer, avec la puissance de pénétration qui lui est propre, toute cette période de l'histoire théologique et littéraire du xvii^ siècle, lorsque Cousin fit irruption ^ dans la cause. Par un rapport lu à l'Académie en 1842, il signala avec « une plénitude de langage au niveau des hauteurs du grand siècle ^ » de nombreuses différences relevées par lui entre le manuscrit des Pensées conservé à la Bibliothèque Royale et le texte des diverses éditions. Altérations, suppressions, déplacements arbitraires et ininteUigents des éléments du hvre fournis par

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