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nales ou contrefaites, atteste quel fut le succès du livre. Il fut réimprimé encore dans la même année, comme nous Tenons de le dire, sous l'indication de deuxième édition. L'identité de texte entre cette édition et celle indiquée en 3* par le catalogue Potier, a donné à penser à Sainte-Beuve que la deuxième édition avait été faite avec les exemplaires de la première pourvus d'un nouveau titre. Suivant cet écri- \ ain, qui renvoie *■ à une lettre d'Arnauld à M. Périer, du 23 mars 1670, le libraire Desprez, pour couper court au désii exprimé par l'archevêque de Paris, M. de Péréfîxe, de voir joindre à la deuxième édition l'attestation de M. Beurrier, curé de Saint-Etienne da Jiont, relative à une rétractation des doctrines jansénistes que Pascal aurait faite en mourant, se serait hâté de transformer, de cette manière, la première édition en deuxième. Cette hypothèse semble difficile à admettre si, comme nous le croyons, le catalogue Potier a donné le dernier mot de la bibliographie des Pensées.
L'année suivante (1671) parut la troisième édition, sans changements dans le texte.
En 1678, nouvelle édition (quatrième), également chez Desprez. Outre plusieurs pensées nouvelles, cette édition contenait un opuscule de Pascal : Qu'il y a des démonstrations d'une autre espèce et aussi certaines que celles de la géométrie, etc., et deux Discours sur les Pensées de Pascal et sur les preuves des livres de Moyse, par Filleau de la Chaise, sous le pseudonyme de Du Bois de la Cour. Ces trois additions avaient du reste paru séparément en 1672 ". Le privi-
i. Port-Royal, 2» édition, t. III, p. 319.
2. Et non pas seulement les deux discours de Filleau de la Chaise, comme il est dit dans le Manuel de Brunet, art. Pascal. On trouvera dans ce dernier ouvrage la bibliographie des éditions de Hollande qui ne sont que des réimnressions textuelles de celles de Paris.
lège de cette édition de 1678 fait mention de i: la vie dudit sieur Pascal » que l'on se proposait de joindre au volume ; mais la question qui avait déjà été soulevée en 1670, entre Desprez et M. de Péréfixe, en fit ajourner la publication. Dans l'intervalle de 1670 à 1678, M. Beurrier avait retiré l'attestation dont nous avons parlé plus haut, et le parti voulaiit que cette nouvelle déclaration fût mise avec commentaires, sous les yeux du public. Il n'y allait pas moins que de la suppression possible du livre, aussi se décida-t-on à garder encore le récit de M°" Périer, qui parut seulement dans l'édition de 1687 * {Paris, chez Desprez, et Lyon, chez Roux), faite sur celle de 1678.
De nouvelles réimpressions des Pensées furent publiées en 1700, 1714 et 1715 *. Jusque-là l'on s'était contenté, si l'on en excepte quelques additions de 1678, du choix fait par MM. de Port-Royal dans les papiers de Pascal ; mais, parmi les éditeurs de 1670, quelques-uns avaient gardé copie de tout ou partie des pensées rejetées à cause de leur obscurité ou de leur imperfection. Une lettre déjà citée de l'oratorien Brienne fait mention d'un recueil de ce genre. Il dut
4. Cette Vie avait déjà été publiée à Amsterdam, dès 1684, en tète d'une édition Wolfgang et séparément (V. Lettres, opuscules de M"" Périer, etc., publiés par M. Faugère, Paris, 1845.
t. La Framjce littéraire de Quérard ne cite que l'éditioD du 1715.
en exister plus d'un à l'usage des ^dèles : aussi voit-on en 1727, l'évêque de Montpellier, Colbert, dans une lettre (3») à M. de Soissons, publier plusieurs pensées sur les miracleSy jusqu'alors inédites. En 1728, le P. Des Molets, bibliothécaire de l'Oratoire, dans ses Mélanges de littérature et d'histoire *, mit également au jour, outre V Entretien avec M. de Sacy et les fragments de VArt de persuader et de VAmourpropre, une Suite des Pensées, etc., qu'il annonça avoir été extraite d'un manuscrit de l'abbé Et. Périer, manuscrit dont la trace, dit M. Faugère ^, est aujourd'hui perdue. Enfin de nouveaux fragments parurent dans l'édition donnée en 1776 par Condorcet, et réimprimée en 1778 avec des Remarques de Voltaire ^.
Cette édition a, dans l'histoire des Pensées, toute l'importance d'une réaction. Jusqu'à ce moment nous avons vu les éditeurs de Pascéil s'inspirer, dans la mesure de leurs forces, de l'esprit qui avait présidé à la composition du livre. Avec Condorcet et Voltaire il n'en va plus de même. Nous assistons à la lutte de l'esprit philosophique contre l'esprit de foi. De cette lutte sort une édition tronquée, que Chateaubriand a caractérisée ainsi : « On croit voir, dit-il, les ruines de PaJmyre, restes superbes du génie et du temps, au pied desquelles l'Arabe du désert a bâti sa misérable hutte *. s
Les divers ouvrages de Pascal avaient été jusqu'alors publiés et réimprimés séparément. Un an après l'édition des