‹ Pensées, essais, maximes et correspondance de J. Joubert (volume 3)Chapitre 4 sur 31 · XLIX · texte numérisé non relu

XLIX

L'air périodique ne convient qu'à l'expression des sentiments où l'âme aime à circuler, pour ainsi dire , et dont elle ne peut se séparer qu'après un long détour. Toutes les émotions qu'on n'exprime que pour les exhaler , et se rendre soi-même plus calme , n'admettent l'air périodique qu'autant qu'il est court et brisé , comme l'air fameux : Che faro senza Euridice ?

* La musique des chants de deuil semble laisser mourir les sons.

Il n'est pas toujours nécessaire, dans la musique , d'exprimer un mouvement marqué ou une émotion distincte. Le chant lui-même peut être l'objet du chant. S'il peint une âme en harmonie , un talent qui s'élève et redescend par une belle échelle de sons, une c^xistence

qiii y libre de soins et livrée à mille affeciious passagères et rapides , s'égaie et se joue entre la terre et le ciel , enfin une inteDigence désoccupée y qui vole au hasard y comme Fabeille, s'arrête sur mille objets y sans se fixer sur aucun^ caresse toutes les fleurs et bourdonne son plaisir, cette peinture en vaut une autre.

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