‹ Pensées, essais, maximes et correspondance de J. JoubertChapitre 31 sur 53 · DE LA SAGESSE. DE LA VERTU, DE LA MORALE DE LA RÈGLE ET DU DEVOIR · texte numérisé non relu

DE LA SAGESSE. DE LA VERTU, DE LA MORALE DE LA RÈGLE ET DU DEVOIR

La sagesse est une science par laquelle nous discernons les choses qui sont bonnes à l'ame, et celles qui ne le sont pas. Elle est la science (les sciences , car elle cm connaît seule la valeur, le juste prix, le véritable usage, les dangers et les utilités.

La sagesse est le repos dans la lumière. Heureux sont les esprits assez élevés pour se jouer dans ses rayons !

Consulte les anciens, écoute les vieillards. Est bien peu sage qui n'a que sa propre sagesse, et bien peu savant qui ne l'est que de sa science.

La sagesse est la force des faibles.

L'illusion et la sagesse réunies sont le charme de la vie el de l'art.

Le bon sens s'accommode au monde; la sagesse tâche d'être conforme au ciel.

La sagesse humaine éloigne les maux de la vie. La sagesse divine fait seule trouver les vrais biens. Il faut employer le mouvement à chercher la sagesse humaine , et le repos ou la méditation à chercher la sagesse divine.

11 n'y a pas assez de sagesse ou assez de vertu dans ceux de nos jugements et de nos sentiments où il n'y a pas assez de patience.

11 ne faut jamais regrcllcr le temps qui a été nécessaire pour bien faire.

Ne coupez pas ce que vous pouvez dénouer.

La vertu est la santé de l'ànie. Elle fait trouver de la saveur aux moindres feuilles de la vie.

La vertu cherche à se répandre, et ceux qui Tont aiment à la donner.

Il faut exercer la vertu, même quand on ne l'a pas , c'est-à-dire l'exercer par sa volonté et ( outre son inclination. ' L'habitude fait qu'à la fin elle n'est plus sacrifice; elle devient goùl, instinct , mœurs.

La vertu par calcul est la vertu du vice.

Les vertus rendeni const^unnicnl lieuieux ceux qui les oui. Lllcs rcudent meilleurs ceux mêmes qui les voient et ne les ont pas.

Page 1